Osiris

Osiris et Isis
Osiris et Isis

Osiris était beau. Ses membres étaient d’or, sa coiffure de lapislazulis, sa couronne de turquoise. Il ne cessait de grandir, en intelligence comme en stature. Il était aimé de sa mère et admiré de son père: ce dernier l’installa sur le trône, en fit son héritier, le guide des hommes et le roi des dieux.

Osiris était à tous égard un colosse, plus grand que les hommes vivant sur la terre, plus grand aussi que les autres divinités. Il mesurait exactement huit coudées, six paumes et trois doigts, soit plus de 4,50 mètres. Sa taille faisait de lui un géant, un être à part, y compris parmi les dieux. C’est en utilisant cette particularité que son frère Seth imagina une ruse pour s’en débarasser.

Osiris était différent de son frère Seth. Et ce dernier était jaloux de son frère aîné, devenu roi, alors que lui arpentait le désert aride et brûlant. Osiris était tout ce que n’était pas Seth. Maître du désert, celui-ci ne pouvait supporter les bienfaits et la protection que le roi déversait sur la terre. En effet alors que Seth se nourrissait de violence, Osiris s’attacha à rétablir la paix, qui avant son arrivée était la proie de massacres.

Osiris ne se contenta pas d’éloigner le mal qui rongeait les hommes. Il plaça sa main au-dessus de ce pays fait d’eau et de vent. Il créa l’orge et le blé, fit verdir l’herbe, rassembla les troupeaux sur lesquels il veillait, tout comme il veillait sur les oiseaux et les reptiles. Il arracha les hommes à leur vie primitive, il enseigna aux hommes la culture des terres, l’art de planter le vigne et le secret des semences ainsi que le soin des troupeaux.

Osiris était marié a sa soeur Isis. L’éclat d’Isis égalait celui d’Osiris. Elle protégeait le sceptre et l’autorité de son époux. Isis et Osiris s’aimaient tendrement, d’un amour qu’ils avaient déjà connu et partagé dans le ventre de leur mère, avant leur naissance. C’est donc éplorée, qu’elle découvre un jour l’adultère d’Osiris avec leur soeur Nephthys, épouse de Seth. De cette union naquit Anubis.

Seth, face à ce frère doté de toutes les qualités, de tous les honneurs et de tous les bonheurs, était rongé par la jalousie et dévoré du sombre désir de mettre fin aux jours de ce dernier. Pour éxécuter son plan, il s’djoignit le soutien de la reine d’Éthiopie. Il convia donc des amis à un banquet somptueux. Au centre de la pièce, les convives découvrirent un coffre si magnifiquement ouvragé que chacun se prit en secret de le convoiter.

C’était un grand coffre aux proportions élégantes pouvant accueillir un homme de très grande stature, voire un dieu. Entouré d’une suite de 72 hommes, Seth leur proposa un jeu. Serait maître du coffre celui qui, s’y allongeant, le trouverait à sa taille. À tour de rôle, chacun s’y glissa, s’y allongea, s’étirant au maximum pour tenter de le remplir de toute sa hauteur. Mais aucun n’était assez grand. Enfin Osiris, amusé, consentit à son tour à tenter sa chance. Le coffre était à sa mesure exactes. Mais avant qu’il eût le temps de se redresser, les soixantes-douze hommes qui entouraient Seth se préciptèrent sur lui. Ils rabattirent le couvercle, le fermèrent à l’aide de gros clous et le scellèrent avec du plomb fondu.

Soulevant le coffre et suivant les ordres de Seth, ils le jetèrent dans un bras du fleuve. Le coffre s’éloigna lentement et descendit le cours jusqu’à la mer. La conjuration avait réussi. Osiris ne régnait plus. Certain disent que son règne aurait duré quatre siècles, d’autres vingt-huit ans, à l’image d’une lunaison, car les jours des hommes sont des années pour les dieux.

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