Ces dieux

Chicomecoatl

Déesse du maïs et des subsistances

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Origines

Chicomecoatl signifie « Sept Serpent ». C’est un nom de calendrier : il désigne un jour du compte divinatoire de 260 jours, tenu pour favorable. La déesse qui le porte est celle du maïs et, plus largement, de tout ce qui se mange et se boit. Sahagún, au livre I, la présente comme la déesse des subsistances et la compare à Cérès, la déesse romaine des moissons. Le rapprochement est le sien : il aide ses lecteurs européens, mais il ne dit rien de ce que pensaient les Nahuas.

Le maïs était honoré sous plusieurs figures qui se recouvrent en partie. Xilonen est la déesse de l’épi encore tendre, Centeotl le jeune dieu du maïs, Chicomecoatl la plante mûre et la semence. Durán lui donne aussi le nom de Chalchiuhcihuatl, « femme de pierre précieuse ». Ces informations viennent de chroniques écrites après la Conquête, que complètent les manuscrits peints et de nombreuses sculptures.

Attributs et symboles

Chicomecoatl est l’une des divinités les plus souvent sculptées du Mexique central. Les statues de pierre, de taille modeste et de facture simple, la montrent debout, coiffée de l’amacalli, la « maison de papier » : une grande coiffe rectangulaire ornée de rosettes. Elle tient dans chaque main une paire d’épis de maïs. Leur nombre suggère un culte répandu dans les villages et les maisons, et non seulement dans les grands temples.

Dans les codex, son visage et son corps sont peints en rouge. Le Codex Borbonicus, réalisé à Mexico vers l’époque de la Conquête, la représente dans les planches consacrées aux fêtes de l’année, entourée de prêtres portant des épis.

Mythes principaux

Aucun récit mythique consacré à Chicomecoatl n’a été conservé. Les mythes de l’origine du maïs mettent en scène d’autres personnages : Quetzalcoatl, qui, changé en fourmi, va chercher les grains cachés dans la montagne des subsistances selon la Légende des Soleils, ou Centeotl, dont le corps enfoui donne naissance aux plantes.

La déesse est en revanche présente dans les chants sacrés recueillis en nahuatl par Sahagún. Celui qui lui est adressé l’appelle à se lever et à s’éveiller, car elle s’en va vers sa demeure, le Tlalocan, le séjour du dieu de la pluie. Les commentateurs y lisent le cycle de la plante, qui disparaît et revient avec les pluies.

Culte et postérité

Deux fêtes de l’année de 365 jours lui revenaient. Huey Tozoztli, au printemps, était la fête des semences. Sahagún rapporte que l’on jeûnait, que l’on ornait les maisons de roseaux marqués de sang et que l’on préparait des offrandes de nourriture. Des jeunes filles portaient sur leur dos, en procession, des épis liés par sept jusqu’au temple de la déesse. Ces épis consacrés étaient ensuite déposés au fond des greniers, dont ils étaient dits le cœur, et fournissaient la semence de l’année suivante.

La seconde fête avait lieu au mois d’Ochpaniztli, à la fin de l’été, au moment des récoltes. Durán en donne la description la plus détaillée. Une jeune fille de douze ou treize ans était choisie pour incarner la déesse ; parée de ses ornements, une plume verte fixée sur la tête à l’image de la barbe de l’épi, elle était portée sur une litière chargée de maïs, de piments et de courges. Elle était ensuite sacrifiée dans le temple, devant l’effigie de la déesse, et son sang répandu sur les offrandes de grains et de fruits. Un prêtre revêtait sa peau. Les chercheurs comprennent ce rite comme la mise à mort du maïs au moment de la moisson, nécessaire à son retour.

Xilonen était fêtée plus tôt dans l’été, à Huey Tecuilhuitl, quand les épis sont encore laiteux ; le souverain faisait alors distribuer de la nourriture à la population.

Pour aller plus loin

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Sources

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