Ces dieux

Huitzilopochtli

Dieu tribal des Mexica, dieu de la guerre et du soleil

Origines

Huitzilopochtli est, parmi les grands dieux du Mexique central, celui qui appartient en propre aux Mexica. Son nom se compose de huitzilin, « colibri », et d’opochtli, « gauche » ou « côté gauche », d’où les traductions courantes de « Colibri gaucher » ou « Colibri du Sud », le sud étant la gauche du soleil dans sa course. Contrairement à Tlaloc ou à Quetzalcoatl, présents depuis Teotihuacan, il n’apparaît guère avant la migration des Mexica, et les spécialistes y voient un dieu tribal élevé au rang de divinité solaire et guerrière à mesure que Tenochtitlan devenait une puissance.

Les chroniques racontent qu’il a guidé son peuple depuis Aztlan, parlant à ses prêtres-porteurs, et qu’il leur a désigné le lieu de leur ville : l’aigle posé sur un cactus, au milieu du lac. Diego Durán, qui recueillit ces récits au XVIe siècle, en fait le fil conducteur de l’histoire mexica.

Attributs et symboles

Les descriptions de Sahagún et les manuscrits peints le montrent le visage et les membres rayés de bleu, la tête couverte d’un casque en forme de colibri, portant un bouclier orné de boules de duvet et de flèches, et brandissant le xiuhcoatl, le serpent de feu ou de turquoise, qui lui sert d’arme. Sa fête principale, Panquetzaliztli, « l’élévation des bannières », se tenait au quinzième mois de l’année ; on y façonnait son effigie en pâte d’amarante, que l’on rompait et partageait ensuite. Il avait aussi part à la fête de Toxcatl.

Il n’est pas à proprement parler le soleil, personnifié par Tonatiuh, mais il en est l’aspect combattant, celui qui repousse chaque jour les ténèbres. Cette lecture solaire est celle de Jacques Soustelle.

Mythes principaux

Le grand mythe de Huitzilopochtli est celui de sa naissance sur le mont Coatepec, la « montagne du serpent », rapporté par Sahagún au livre III de son Histoire générale. La déesse Coatlicue balayait sur la montagne quand une boule de plumes tomba sur elle ; elle la glissa dans son sein et se trouva enceinte. Sa fille Coyolxauhqui et ses quatre cents fils, les Centzon Huitznahua, jugèrent la grossesse honteuse et décidèrent de la tuer. Au moment où ils gravissaient la montagne, Huitzilopochtli naquit tout armé, frappa Coyolxauhqui avec le serpent de feu, lui trancha la tête et fit rouler son corps démembré au bas de la pente, puis poursuivit et dispersa ses frères.

Le récit est souvent lu comme l’image du soleil naissant qui chasse la lune et les étoiles. Il est aussi le mythe fondateur du Templo Mayor : la pyramide représente Coatepec, et l’on a retrouvé en 1978, au pied de l’escalier du côté de Huitzilopochtli, la grande pierre ronde figurant Coyolxauhqui démembrée.

Culte et postérité

À Tenochtitlan, Huitzilopochtli partageait le sommet du Templo Mayor avec Tlaloc, chacun dans son propre sanctuaire, le sien au sud. Les captifs de guerre lui étaient offerts, et Durán comme Sahagún décrivent des sacrifices en son honneur, notamment lors de Panquetzaliztli. Son culte était intimement lié au pouvoir des souverains mexica et à leur politique de conquête, ce qui explique sa faible diffusion en dehors de l’empire.

Cette identification à l’État mexica fit aussi sa perte. Les missionnaires en firent la figure même de l’idolâtrie, et son culte ne survécut pas à la destruction du Templo Mayor. Elizabeth Boone a montré comment son image fut ensuite refaçonnée en Europe, jusqu’à devenir un démon de gravure. Les fouilles du Templo Mayor, menées depuis 1978, lui ont rendu une présence matérielle au cœur de la ville de Mexico.

Pour aller plus loin

Liens affiliés : en tant que Partenaire Amazon, Ces dieux réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Sources

L’infolettre de Ces dieux

Les nouvelles fiches, et bientôt : parlez avec les dieux.

En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir par courriel les nouvelles de Ces dieux, envoyées par Milotche Media, Montréal (Québec), [email protected]. Vous pouvez vous désinscrire en tout temps grâce au lien présent dans chaque courriel.