Ces dieux

Mayahuel

Déesse de l’agave et du pulque

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Origines

Mayahuel est la déesse de l’agave, que les Nahuas appelaient metl et que l’espagnol du Mexique nomme maguey. Cette plante des hautes terres fournissait des fibres pour les cordes et les étoffes, des épines pour les saignées rituelles, et surtout une sève sucrée, l’aguamiel. Fermentée, cette sève donne l’octli, boisson blanchâtre et légèrement alcoolisée que l’on appelle pulque depuis l’époque coloniale.

La déesse appartient au groupe des divinités du pulque, avec Patecatl, que plusieurs sources lui donnent pour époux, et les Centzon Totochtin, les « quatre cents lapins », dieux de l’ivresse. Elle est connue par des manuscrits peints et par des textes rédigés après la Conquête ; le principal récit qui la concerne ne subsiste que dans une traduction française du XVIe siècle.

Attributs et symboles

Dans le Codex Borgia et les autres manuscrits divinatoires, Mayahuel est une femme jeune assise sur un agave ou sortant de son cœur, parmi les feuilles hérissées d’épines. Elle tient souvent une corde ou un vase d’où déborde l’écume du pulque. Dans le calendrier de 260 jours, elle patronne le jour Tochtli, « lapin », animal lié à la boisson, ainsi que la treizaine qui commence par le jour 1 Malinalli.

Le commentaire du Codex Vaticanus A, rédigé en italien d’après les explications d’un religieux, lui attribue quatre cents seins, avec lesquels elle nourrit les quatre cents lapins. Miller et Taube y voient une image de la sève abondante de la plante, comparée à un lait.

Mythes principaux

L’Histoyre du Mechique, traduite par André Thevet d’un original espagnol perdu, raconte l’origine de l’agave. Les dieux jugeaient que les hommes vivraient tristes s’ils n’avaient rien pour se réjouir, chanter et danser. Ehecatl, le dieu du vent, monta alors au ciel chercher une déesse vierge, Mayahuel, qui dormait sous la garde de sa grand-mère, une tzitzimitl, l’un des êtres redoutables qui habitent le ciel. Il la réveilla et la persuada de descendre avec lui. Arrivés sur terre, ils se changèrent tous deux en un arbre à deux branches.

La grand-mère, ne trouvant plus sa petite-fille, descendit avec les autres tzitzimime. Elles reconnurent la branche de Mayahuel, la brisèrent et la dévorèrent ; celle d’Ehecatl fut épargnée. Quand elles furent remontées, le dieu reprit sa forme, rassembla les os de la jeune déesse et les enterra. De ces os sortit la plante dont on tire le vin blanc des Indiens. Comme pour le maïs, la plante utile naît du corps d’un être divin mis en terre.

Sahagún rapporte, au livre X, une tradition différente, sans intervention divine : une femme nommée Mayahuel aurait la première su percer l’agave pour en recueillir la sève, et un homme, Patecatl, aurait trouvé les racines qui la font fermenter.

Culte et postérité

Le pulque était une boisson rituelle, dont l’usage était étroitement réglé. Selon Sahagún, l’ivresse publique était sévèrement punie, et seuls les vieillards pouvaient boire librement ; on en offrait aux dieux, et il accompagnait certaines fêtes ainsi que les banquets des naissances et des mariages. Les dieux du pulque avaient leurs prêtres et leur temple dans l’enceinte sacrée de Tenochtitlan. Le signe 2 Lapin leur était consacré : celui qui naissait ce jour-là passait pour voué à l’ivrognerie.

Après la Conquête, la consommation de pulque cessa d’être encadrée par les rites et se répandit largement. La boisson est toujours produite dans le centre du Mexique. L’image de Mayahuel est aujourd’hui souvent reprise par les producteurs de pulque, de mezcal et de tequila, alcools distillés d’agave inconnus avant l’époque coloniale.

Pour aller plus loin

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Sources

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