Ces dieux

Xiuhtecuhtli

Dieu du feu, de l’année et du temps

Parler avec Xiuhtecuhtli

Origines

Le nom de Xiuhtecuhtli joue sur les sens du mot xihuitl, qui désigne à la fois la turquoise, l’herbe, l’année et la comète : on le traduit par « seigneur de la turquoise » ou « seigneur de l’année ». Dieu du feu, il est aussi appelé Ixcozauhqui, « visage jaune », et Huehueteotl, le « vieux dieu ». Sahagún le nomme encore « mère et père des dieux », celui qui réside au nombril de la terre, dans un enclos de turquoise.

Le dieu du feu est l’une des plus anciennes figures divines de la Mésoamérique. Bien avant les Aztèques, les sculpteurs de Cuicuilco, puis ceux de Teotihuacan, représentaient un vieillard assis, ridé et édenté, portant sur la tête un grand brasero. Les Mexica connaissaient ces images : les fouilles du Templo Mayor ont retrouvé dans les offrandes de nombreuses statuettes du dieu, ainsi qu’une grande sculpture du vieux dieu au brasero taillée à leur époque sur le modèle ancien.

Attributs et symboles

Les codex montrent Xiuhtecuhtli sous les traits d’un homme jeune, le bas du visage peint en noir et le haut en jaune ou en rouge. Il porte le diadème de turquoise, coiffure pointue des souverains, un oiseau bleu sur le front et un pectoral de turquoise en forme de papillon. Sur son dos se dresse le xiuhcoatl, le serpent de feu, qui est aussi l’arme de Huitzilopochtli.

Dans le calendrier divinatoire, il vient en tête des neuf Seigneurs de la nuit et patronne le jour Atl, « eau ». Sa place au centre du monde, où se rejoignent les quatre directions, correspond à celle du foyer au milieu de la maison.

Mythes principaux

Xiuhtecuhtli n’est pas le héros d’un récit suivi, mais le feu est présent à chaque moment décisif des mythes. Dans l’Historia de los mexicanos por sus pinturas, le feu est la première chose que font les dieux créateurs. C’est dans un grand brasier, à Teotihuacan, que se jettent Nanahuatzin et Tecciztecatl pour devenir le Soleil et la Lune. La Légende des Soleils raconte qu’après le déluge un couple alluma du feu pour cuire des poissons, enfumant le ciel et irritant les dieux.

Les prières recueillies par Sahagún au livre VI invoquent le dieu du feu lors de l’installation du souverain, dont il est le protecteur : le tlatoani porte son diadème de turquoise.

Culte et postérité

Le feu recevait un culte quotidien. Selon Sahagún, avant de manger et de boire, on jetait dans le foyer une bouchée de nourriture et quelques gouttes de boisson.

Deux fêtes de l’année lui étaient consacrées. À Xocotl Huetzi, on dressait un grand mât au sommet duquel se trouvait une effigie de pâte, que les jeunes gens se disputaient en grimpant. Des captifs étaient jetés dans un brasier, puis retirés encore vivants pour que leur cœur soit arraché. À Izcalli, dernier mois de l’année, on offrait au feu de petits animaux pris par les enfants. Tous les quatre ans, la fête prenait plus d’ampleur : des hommes incarnant le dieu étaient sacrifiés, les seigneurs dansaient, et l’on perçait les oreilles des enfants nés depuis la dernière célébration.

La cérémonie la plus solennelle était celle du Feu nouveau, tous les cinquante-deux ans, quand les deux calendriers revenaient à leur point de départ. On éteignait tous les foyers, on brisait la vaisselle, et la population attendait dans l’obscurité. Les prêtres montaient sur le Huixachtlan, colline proche d’Iztapalapa, et allumaient un feu au foret sur la poitrine d’un captif, qui était ensuite sacrifié. Si la flamme prenait, le monde était assuré de durer un cycle de plus, et des coureurs portaient le feu dans toute la vallée. Le Codex Borbonicus représente cette cérémonie, célébrée pour la dernière fois en 1507.

Pour aller plus loin

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Sources

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