Ces dieux

Balor

Chef des Fomoire à l’œil qui tue, aïeul de Lug

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Origines

Balor, dont le nom s’écrit Balar dans les manuscrits anciens, est l’un des chefs des Fomoire, les puissances hostiles que les Tuatha Dé Danann affrontent à Mag Tured. Il n’est pas un dieu honoré, mais un adversaire des dieux, et il n’existe que dans les textes irlandais du Moyen Âge et dans le folklore qui les prolonge. Aucun témoignage gaulois ne lui correspond.

Le Cath Maige Tuired le dit petit-fils de Nét et roi des Îles. Le Lebor Gabála Érenn lui donne pour fille Ethniu, que Cian, des Tuatha Dé Danann, épouse : de cette union naît Lug. Balor est donc le grand-père maternel de celui qui le tuera. L’origine de son nom est incertaine. Henri d’Arbois de Jubainville le rattachait à une racine signifiant « mourir » ; cette étymologie n’est pas admise aujourd’hui.

Attributs et symboles

Ses surnoms disent sa force : Balcbéimnech, « aux coups puissants », et Birugderc, « à l’œil perçant ». Tout le personnage tient dans cet œil. Selon le Cath Maige Tuired, il ne s’ouvrait que sur le champ de bataille ; il fallait quatre hommes pour en soulever la paupière, et l’armée qui le regardait, fût-elle de plusieurs milliers d’hommes, perdait toute force. Le texte en donne l’origine : enfant, Balor avait regardé par une fenêtre les druides de son père préparer un breuvage magique, et la vapeur empoisonnée lui était montée à l’œil.

D’Arbois de Jubainville voyait dans ce regard une image de la foudre et faisait de Balor un dieu de l’éclair, de la nuit et de la mort, qu’il rapprochait du Taranis gaulois. Cette lecture naturaliste, courante en 1884, n’est plus suivie.

Mythes principaux

Balor intervient à la fin de la seconde bataille de Mag Tured. Il tue le roi Nuada, ainsi que Macha. Lug s’avance alors vers lui. Balor ordonne qu’on soulève sa paupière pour voir le bavard qui lui parle ; Lug lance une pierre de fronde qui traverse l’œil et le fait ressortir par l’arrière du crâne, si bien que le regard se tourne vers l’armée fomoire ; Balor s’écroule sur les siens, et vingt-sept hommes meurent sous lui. La mort de Balor décide de la victoire.

La tradition orale a conservé une histoire plus développée, que John O’Donovan recueillit dans le Donegal et publia en 1851. Balor y vit sur l’île de Tory. Un druide lui a prédit qu’il mourrait de la main de son petit-fils ; il enferme donc sa fille Ethné dans une tour, gardée par douze femmes. Il vole ensuite la vache merveilleuse d’un voisin, Mac Kineely. Celui-ci, aidé d’une fée, pénètre dans la tour déguisé en femme. Ethné met au monde trois fils, que Balor fait jeter à la mer ; un seul en réchappe et grandit chez son oncle, le forgeron Gavida. Devenu adulte, il plonge une barre de fer rougie dans l’œil de son grand-père.

D’Arbois de Jubainville a longuement comparé ce conte à la légende grecque d’Acrisios, de Danaé et de Persée. La ressemblance des schémas est réelle ; ses conclusions sur une identité des deux mythes sont les siennes.

Culte et postérité

Balor n’a jamais reçu de culte. Sa postérité est celle d’un personnage de conte. O’Donovan notait que son nom vivait encore dans toute l’Irlande, où il servait à effrayer les enfants, et que l’on disait « œil de Balor » pour désigner le mauvais œil. Sur l’île de Tory, des rochers portent toujours son nom ou celui de sa tour.

Les comparatistes ont rapproché Balor du géant gallois Ysbaddaden, dans Culhwch et Olwen, dont il faut soulever les paupières avec des fourches. Le motif du géant à l’œil redoutable abattu par un jeune héros est répandu, et l’on ne peut dire s’il s’agit d’un héritage commun ou d’un thème de conte voyageur.

Pour aller plus loin

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Sources

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