Ces dieux

Dian Cécht

Dieu-médecin irlandais des Tuatha Dé Danann

Parler avec Dian Cécht

Origines

Dian Cécht est le médecin des Tuatha Dé Danann, le peuple divin des récits irlandais du Moyen Âge. Aucune inscription antique ne porte son nom, et rien ne permet de dire qu’un dieu gaulois lui correspondait : César mentionne bien un « Apollon » gaulois qui chasse les maladies, mais le rapprochement n’est qu’une analogie de fonction.

Le nom est composé de dían, « rapide », et d’un second terme obscur. Henri d’Arbois de Jubainville le traduisait par « au rapide pouvoir », en suivant l’explication du Glossaire de Cormac, compilé vers 900, qui le compte encore parmi les dieux et lui attribue la santé. Sa généalogie varie selon les textes. D’Arbois relevait qu’un passage du Dindsenchas le dit fils du Dagda, tandis que les listes du Lebor Gabála Érenn lui donnent un autre père ; il jugeait ces généalogies tardives et peu fiables. Selon ce même Lebor Gabála, Dian Cécht est le père de Cian, et donc le grand-père de Lug.

Attributs et symboles

Son œuvre la plus célèbre est le bras d’argent du roi Nuada, fabriqué avec le bronzier Creidne, et qui permit au roi mutilé de retrouver un corps entier. Quand Lug se présente à la porte de Tara en se disant médecin, le portier lui répond que les Tuatha Dé ont déjà Dian Cécht.

Son second attribut est une source. Pendant la seconde bataille de Mag Tured, il chante des incantations, avec ses enfants, au-dessus d’un puits nommé Sláine, où l’on jette les guerriers frappés à mort ; ils en ressortent vivants et reprennent le combat le lendemain. Avant la bataille, il avait promis de guérir tout blessé, pourvu que la tête ne fût pas coupée, ni la cervelle ou la moelle entamées.

Guyonvarc’h et Le Roux rangent cette médecine, faite de plantes, d’incantations et de chirurgie, parmi les savoirs de la classe sacerdotale.

Mythes principaux

Le Cath Maige Tuired lui prête un épisode sombre. Son fils Miach, jugeant insuffisante la prothèse d’argent, fait repousser en neuf jours le bras de chair de Nuada. Dian Cécht, jaloux, le frappe par quatre fois de son épée ; Miach guérit les trois premières blessures, mais la quatrième atteint le cerveau et le tue. Sur sa tombe poussent trois cent soixante-cinq herbes, autant que de jointures et de tendons. Sa sœur Airmed les étale sur son manteau pour les classer selon leurs vertus, mais Dian Cécht les mélange, et le texte conclut que personne ne connaît plus leurs propriétés, sauf si l’Esprit saint les enseigne. La remarque finale trahit la main d’un clerc chrétien.

Pendant la bataille, les Fomoire découvrent le secret de la source et la comblent de pierres.

Dian Cécht reparaît dans Tochmarc Étaíne, où il guérit Mider, qui a perdu un œil en séparant des garçons au Brug na Bóinne.

Culte et postérité

Aucun sanctuaire ne lui est connu, mais son nom est resté une autorité chez les chrétiens d’Irlande. Un feuillet conservé à Saint-Gall porte des formules de guérison copiées par des scribes irlandais au VIIIe ou au IXe siècle ; l’une d’elles, que cite d’Arbois de Jubainville, invoque le remède que Dian Cécht a laissé aux siens. D’Arbois y voyait la preuve qu’on lui prêtait encore un pouvoir surnaturel plusieurs siècles après la conversion.

Un traité juridique en vieil irlandais, les Bretha Déin Chécht, « Jugements de Dian Cécht », fixe les indemnités dues pour les blessures et les honoraires du médecin ; D. A. Binchy l’a édité en 1966. Le dieu y sert de garant légendaire à une médecine très concrète.

L’histoire de Miach et d’Airmed est aujourd’hui l’un des récits que citent le plus volontiers les amateurs d’herboristerie et les néo-païens.

Pour aller plus loin

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Sources

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