Ces dieux

Oengus

Dieu irlandais de la jeunesse, maître du Brug na Bóinne

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Origines

Oengus est l’un des fils du Dagda dans les récits irlandais du Moyen Âge. Sa mère est Boand, la rivière Boyne divinisée. Tochmarc Étaíne raconte sa conception : le Dagda désire Boand, épouse d’Elcmar, éloigne le mari et arrête le soleil pendant neuf mois, de sorte que l’enfant est conçu et naît en ce qui paraît une seule journée. De là viendrait son surnom de Mac Óc, « le fils jeune ». Henri d’Arbois de Jubainville, qui lisait la forme Mac ind Óc, l’interprétait autrement, comme « le fils des deux jeunes », ses parents immortels ne vieillissant jamais.

Aucune inscription antique ne le nomme. Des chercheurs ont rapproché le Mac Óc du Maponos gaulois et breton, « le fils divin », et du Mabon gallois ; l’hypothèse repose sur la ressemblance des titres, non sur des récits communs.

Attributs et symboles

Oengus est jeune, beau, et réside au Brug na Bóinne, le grand ensemble de tertres de la vallée de la Boyne. D’Arbois de Jubainville remarquait que la tradition appelle ce lieu « demeure du Mac Óc » plutôt que demeure du Dagda. Un texte du Livre de Leinster en décrit les merveilles : trois arbres toujours chargés de fruits, un porc vivant et un autre toujours cuit, une cuve de bière inépuisable, et personne n’y meurt.

Le cygne lui est attaché par l’histoire de Caer. Une tradition plus tardive fait voler autour de sa tête quatre oiseaux nés de ses baisers. Guyonvarc’h et Le Roux insistent sur son lien avec le temps, que plusieurs de ses récits manipulent.

Mythes principaux

Deux versions expliquent comment il obtient le Brug. Dans la plus ancienne, que d’Arbois tenait pour païenne, le Dagda partage les tertres entre les Tuatha Dé Danann et oublie son fils. Oengus demande la demeure pour une nuit et un jour, puis refuse de la rendre : le temps tout entier n’est fait que de nuits et de jours. Dans Tochmarc Étaíne, la même ruse, soufflée par le Dagda, dépossède Elcmar. Une rédaction du XVe siècle, conservée par le Livre de Fermoy, fait intervenir Manannán et se termine par la conversion d’une habitante du Brug au temps de saint Patrice ; d’Arbois y voyait un remaniement chrétien.

Aislinge Óenguso, « le Rêve d’Oengus », raconte ses amours. Une jeune femme lui apparaît en songe et joue de la musique, puis disparaît ; il en tombe malade. Sa mère, puis le Dagda, puis Bodb, roi des síde du Munster, la cherchent une année durant. C’est Caer, fille d’Ethal Anbúail, qui vit une année sous forme humaine et la suivante sous forme de cygne. À Samain, Oengus la trouve sur un lac parmi cent cinquante cygnes reliés par des chaînes d’argent, l’appelle, devient cygne à son tour et s’envole avec elle vers le Brug. Leur chant endort les auditeurs trois jours et trois nuits.

Élevé par Mider, il obtient pour lui la main d’Étaín, au prix de douze plaines défrichées, de douze rivières creusées et du poids de la jeune fille en or et en argent. Quand elle est changée en mouche par une rivale, il l’abrite dans une chambre ensoleillée, garnie d’herbes odorantes.

Culte et postérité

Aucun culte d’Oengus n’est attesté. Le Brug na Bóinne, où la tradition le loge, correspond aux tombes à couloir de Newgrange, Knowth et Dowth, bâties bien avant l’arrivée des langues celtiques en Irlande. D’Arbois de Jubainville supposait déjà que ces monuments étaient l’œuvre d’une population antérieure, et que les Irlandais y avaient installé leurs dieux.

Dans le cycle de Finn, Oengus est le père nourricier de Diarmaid, qu’il protège pendant sa fuite avec Gráinne et dont il emporte le corps au Brug. W. B. Yeats lui a consacré en 1899 le poème « The Song of Wandering Aengus », qui a beaucoup fait pour sa réputation moderne de dieu de l’amour.

Pour aller plus loin

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Sources

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