Ces dieux

Hanuman

Dieu-singe, fils du Vent, serviteur dévoué de Rama

Origines

Hanuman est un vanara, l’un des êtres à forme de singe qui, dans le Ramayana de Valmiki, aident Rama à retrouver son épouse Sita enlevée par Ravana, roi de Lanka. Il est le fils d’Anjana et du dieu du Vent, Vayu, ce qui lui vaut ses noms d’Anjaneya, de Maruti et de Pavanputra. Le Ramayana raconte que, enfant, il prit le soleil levant pour un fruit et bondit pour le saisir ; Indra le frappa de sa foudre à la mâchoire, hanu, d’où son nom, et Vayu, furieux, cessa de souffler jusqu’à ce que les dieux comblent l’enfant de dons : force, invulnérabilité, liberté de changer de taille.

Philip Lutgendorf, qui lui a consacré l’étude la plus complète, montre que ce personnage secondaire de l’épopée est devenu, entre le Moyen Âge et aujourd’hui, l’une des divinités les plus vénérées de l’Inde du Nord, au point que ses temples y sont plus nombreux que ceux de Rama lui-même. Pour ses fidèles, il est le modèle du serviteur parfait, celui dont la force n’a de sens que mise au service d’un autre.

Attributs et symboles

Hanuman a le corps d’un singe puissant, une longue queue et un visage rougi. Il porte la massue, et on le représente souvent en vol, tenant une montagne sur sa paume, ou s’ouvrant la poitrine pour y montrer Rama et Sita gravés dans son cœur. Dans les temples, sa statue est enduite de vermillon et d’huile, couche après couche, jusqu’à perdre ses contours : un récit dit qu’ayant vu Sita se marquer le front de rouge pour la longue vie de Rama, il s’en couvrit tout entier. Le orange et le rouge sont ses couleurs, et le mardi et le samedi ses jours.

Il est célibataire et chaste, brahmachari, maître de ses sens, et les yogis le tiennent pour un modèle de maîtrise du souffle, lui qui est fils du Vent. Il est aussi lettré : le Ramayana loue l’élégance de sa parole, et on le dit versé dans la grammaire et la musique. Il est l’un des chiranjivi, les immortels qui demeurent sur terre jusqu’à la fin de l’âge présent.

Mythes principaux

Le cœur de son histoire est le Sundara Kanda, le « beau chant » du Ramayana. Chargé de retrouver Sita, Hanuman se dresse au bord de l’océan, grandit jusqu’à devenir immense, et franchit d’un bond les eaux qui séparent l’Inde de Lanka. Réduit à la taille d’un chat, il parcourt la ville de Ravana de nuit, trouve Sita captive dans un bosquet d’ashoka, lui remet l’anneau de Rama et la réconforte. Capturé, il se laisse enflammer la queue, s’échappe et incendie Lanka avant de rapporter la nouvelle à Rama.

Pendant la bataille, quand Lakshmana, le frère de Rama, tombe blessé à mort, Hanuman vole jusqu’à l’Himalaya chercher l’herbe qui guérit ; incapable de la reconnaître, il arrache la montagne entière et la rapporte, image qui est devenue la plus courante de ses représentations. Le Mahabharata le fait rencontrer Bhima, autre fils de Vayu, à qui il enseigne l’humilité en refusant de bouger sa queue de son chemin. Après la victoire, Rama l’embrasse et le compte comme un frère ; Hanuman demande pour seule récompense de vivre aussi longtemps que l’on chantera le nom de Rama.

Culte et postérité

Hanuman est partout dans l’Inde du Nord et au Népal : sous les arbres, au bord des routes, à l’entrée des villages, en statues de béton parfois hautes de plusieurs dizaines de mètres. Le Hanuman Chalisa, quarante versets composés en hindi au XVIe siècle par Tulsidas, auteur du Ramcharitmanas, est l’un des textes les plus récités de l’Inde contemporaine ; on le chante le mardi, dans les embouteillages, avant les examens. Hanuman Jayanti, sa naissance, se fête au printemps. Les lutteurs des akhara, les gymnases traditionnels, sont ses fidèles, et ses temples servent souvent de refuge contre les esprits et la peur.

Les chercheurs, Lutgendorf en tête, observent son rôle croissant dans l’espace public indien. Hors de l’Inde, il est présent partout où le Ramayana a voyagé : en Thaïlande, dans le Ramakien, au Cambodge, en Indonésie. Sa parenté avec le roi-singe du roman chinois du Voyage en Occident est souvent proposée, jamais établie.

Pour aller plus loin

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Sources

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