Ces dieux

Surya

Dieu du soleil, œil du monde sur son char à sept chevaux

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Origines

Surya est le soleil, et son nom, disent les linguistes, est parent du grec Hélios et du latin sol. Le Rig-Veda le célèbre comme l’astre visible, « œil de Mitra et de Varuna », qui voit tout ce que font les hommes et chasse les ténèbres et les maladies. Il n’est pas la seule figure solaire des hymnes : Savitri, « l’incitateur », met le monde en mouvement le matin et le rend au repos le soir ; Vivasvat est l’ancêtre des hommes ; Pushan guide les voyageurs et les troupeaux. Tous sont comptés parmi les Aditya, fils de la déesse Aditi.

La tradition postérieure a fondu ces figures en une seule. C’est à Savitri qu’est adressée la strophe la plus récitée du Veda, la Gayatri, qui demande au soleil d’« éveiller nos pensées » ; beaucoup d’hindous la murmurent encore chaque jour à l’aube.

Attributs et symboles

Surya se tient debout ou assis sur un char tiré par sept chevaux, ou par un cheval à sept têtes, que conduit Aruna, le rougeoiement de l’aurore, cocher sans jambes. Il tient un lotus épanoui dans chaque main. Les images de l’Inde du Nord lui donnent des bottes hautes et une tunique, costume inhabituel pour un dieu indien, où les historiens de l’art reconnaissent une influence iranienne.

Il préside aux neuf « saisisseurs », les navagraha, corps célestes dont l’astrologie indienne scrute l’influence et que l’on voit alignés dans de nombreux temples. Le dimanche, Ravivar, est son jour. On lui demande la santé, en particulier celle de la peau et des yeux.

Mythes principaux

Le Markandeya Purana raconte son mariage. Samjna, fille de l’artisan divin Vishvakarman, ne peut supporter l’éclat de son époux. Elle laisse à sa place son ombre, Chhaya, et s’enfuit sous la forme d’une jument. Surya découvre la substitution, retrouve Samjna et s’unit à elle sous la forme d’un étalon ; de là naissent les Ashvin, les jumeaux médecins des dieux. Vishvakarman place alors le soleil sur son tour et rabote une part de son rayonnement ; des copeaux, il forge le disque de Vishnou et le trident de Shiva. Les enfants de Surya sont Manu, ancêtre des hommes, Yama, roi des morts, la rivière Yamuna, et Shani, la planète Saturne, fils de Chhaya.

Dans le Mahabharata, la jeune Kunti essaie par curiosité une formule qui appelle un dieu. Surya paraît, et elle met au monde Karna, né avec une cuirasse et des boucles d’oreilles d’or ; non mariée, elle abandonne l’enfant au fil de l’eau. Karna, devenu l’adversaire de ses propres frères, adore son père chaque jour à midi. Dans le Ramayana, le roi des singes Sugriva est fils de Surya, et Rama appartient à la dynastie solaire.

Culte et postérité

Le culte de Surya a connu son apogée entre le VIIIe et le XIIIe siècle, époque où l’on a bâti pour lui de grands temples : Martand au Cachemire, Modhera au Gujarat, Konarak en Odisha, conçu comme un char colossal à vingt-quatre roues de pierre. Tous trois sont aujourd’hui des monuments plus que des lieux de culte, et le courant qui tenait Surya pour le dieu suprême a disparu. Il reste l’une des cinq divinités que la tradition smarta honore ensemble, avec Vishnou, Shiva, la Déesse et Ganesh.

La dévotion actuelle passe surtout par des gestes : l’eau que l’on verse face au soleil levant, la Gayatri, la salutation au soleil, Surya Namaskar, que pratiquent les adeptes du yoga. Makar Sankranti, à la mi-janvier, célèbre son entrée dans le signe du Capricorne ; les Tamouls fêtent alors Pongal en faisant bouillir le riz nouveau. Lors de Chhath, au Bihar et dans la plaine du Népal, les fidèles jeûnent et se tiennent dans l’eau des rivières pour faire offrande au soleil couchant, puis au soleil levant. Ainsi le grand dieu védique est-il aujourd’hui moins présent dans les temples que dans les gestes de chaque matin.

Pour aller plus loin

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Sources

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