Ces dieux

Isis

Déesse de la magie, épouse d’Osiris et mère d’Horus

Origines

Le nom égyptien d’Isis, Aset, s’écrit avec le hiéroglyphe du trône, qu’elle porte sur la tête. Ce signe suggère qu’elle fut d’abord la personnification du siège royal, celle qui « fait » le roi. Elle apparaît dans les Textes des pyramides, à la fin de l’Ancien Empire, aux côtés de sa sœur Nephthys, pleurant Osiris et veillant sur le roi mort. Fille de Geb et de Nout dans l’Ennéade d’Héliopolis, elle est l’épouse d’Osiris et la mère d’Horus.

Contrairement à la plupart des grandes divinités égyptiennes, Isis n’a pas de ville d’origine bien identifiée à l’Ancien Empire ; elle est présente partout parce qu’elle est liée au mythe royal. Ses grands temples, comme celui de Philae au sud d’Assouan, sont tardifs.

Attributs et symboles

Isis est une femme portant le trône sur la tête. À partir du Nouvel Empire, elle emprunte à Hathor la coiffe aux cornes de vache enserrant le disque solaire, au point que les deux déesses ne se distinguent souvent que par les inscriptions. Elle tient le sistre et le collier menat, instruments de musique rituels. Le nœud tyt, amulette rouge en forme de nœud d’étoffe, lui appartient. Avec Nephthys, elle prend la forme d’un milan, l’oiseau qui plane et crie au-dessus du corps d’Osiris ; ses ailes déployées protègent le défunt sur les sarcophages.

Son titre le plus fréquent est « grande de magie », ouret hekaou. Elle connaît les formules qui guérissent, ressuscitent et protègent, et son savoir la rend redoutable même aux dieux.

Mythes principaux

Isis est l’héroïne du mythe d’Osiris, tel que le rapporte Plutarque : elle parcourt l’Égypte à la recherche du corps de son époux, en retrouve les morceaux, le reconstitue et conçoit de lui, par sa magie, un fils posthume. Elle élève Horus en cachette dans les marais du delta, à Chemmis, le protégeant contre Seth, les serpents et les scorpions. Les stèles guérisseuses, comme la stèle de Metternich, racontent comment elle sauva l’enfant piqué par un scorpion et servent de modèle aux formules de guérison.

Un papyrus de Turin rapporte sa ruse contre Rê : elle fabrique un serpent qui mord le dieu-soleil vieilli et n’accepte de le guérir qu’en échange de son nom secret, obtenant ainsi un pouvoir égal au sien. Dans le procès d’Horus et de Seth, elle se déguise pour piéger Seth et lui faire condamner sa propre cause.

Culte et postérité

Le culte d’Isis connaît son plus grand essor à la Basse Époque et sous les Ptolémées. Le temple de Philae, achevé sous les Romains, devint son sanctuaire principal ; il fut le dernier temple païen d’Égypte, fermé sur ordre de Justinien au VIe siècle de notre ère. Entre-temps, Isis avait quitté l’Égypte : ses sanctuaires, les Iseum, s’élevaient à Athènes, à Délos, à Pompéi et à Rome. Hérodote l’identifiait déjà à Déméter.

Dans le monde gréco-romain, elle devient une déesse universelle, maîtresse du destin et de la mer, protectrice des navigateurs. Apulée, au IIe siècle, la fait apparaître au héros de ses Métamorphoses comme la déesse aux mille noms, dont toutes les autres ne sont que des visages. Les images d’Isis allaitant Horus, l’Isis lactans, ont probablement influencé l’iconographie chrétienne de la Vierge à l’Enfant, même si les historiens débattent de l’ampleur de cette influence.

Pour aller plus loin

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Sources

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