Ces dieux

Khonsou

Dieu lunaire de Thèbes, fils d’Amon et de Mout

Parler avec Khonsou

Origines

Le nom de Khonsou vient d’un verbe qui signifie « traverser » : il est « le voyageur », celui qui parcourt le ciel nocturne. Sa première apparition n’a rien de paisible. Dans le passage des Textes des pyramides que les égyptologues appellent l’« hymne cannibale », Khonsou est celui qui égorge les dieux dont le roi défunt se nourrit pour absorber leur puissance ; les Textes des sarcophages gardent le souvenir de ce dieu sanguinaire.

Au Nouvel Empire, son image s’est transformée. Khonsou est devenu à Thèbes le fils d’Amon et de la déesse Mout, troisième membre de la triade de la ville, et un dieu de la lune à côté de Thot. À Kom Ombo, une autre tradition en fait le fils de Sobek et d’Hathor.

Attributs et symboles

Khonsou est un jeune homme au corps serré dans une gaine, comme une momie. Il porte sur le côté du crâne la mèche tressée des enfants et, sur la tête, le croissant de lune surmonté du disque de la pleine lune. Ses mains tiennent le sceptre recourbé, le fouet et un bâton composite ; un lourd collier menat pend sur sa poitrine. Il existe aussi sous la forme d’un homme à tête de faucon, coiffé des mêmes emblèmes lunaires, et le babouin lui est associé comme à Thot.

Champollion a décrit fidèlement ces statuettes de bronze et de faïence, gainées, casquées, coiffées « du disque et du croissant combinés », et noté le lien du dieu avec Thot. Il y reconnaissait le « dieu-lune », et relevait dans les inscriptions le titre de premier-né d’Amon donné à « Khons ».

Mythes principaux

En tant que lune, Khonsou règle le temps : il compte les mois, et les textes lui attribuent un pouvoir sur la croissance des êtres et la durée de la vie. De là vient sans doute son rôle de dieu qui fixe le sort et écarte les maladies.

Le récit qui l’illustre le mieux est celui de la stèle de Bentresh, conservée au Louvre. Le texte se place sous Ramsès II, mais les égyptologues le datent d’une époque bien plus tardive, perse ou ptolémaïque. La fille du prince de Bakhtan, pays lointain, est possédée par un esprit. Le roi d’Égypte lui envoie une statue de Khonsou « qui règle le sort », forme particulière du dieu de Thèbes ; l’esprit reconnaît son maître et s’en va. Le prince garde la statue plus de trois ans, puis voit en rêve un faucon d’or s’envoler vers l’Égypte, et la renvoie chargée de présents.

Plutarque raconte qu’Hermès joua aux dés avec la Lune et lui gagna une part de sa lumière, dont il fit les cinq jours ajoutés à l’année. On lit souvent que cette Lune est Khonsou ; l’auteur grec ne le nomme pas, et le rapprochement est une déduction moderne.

Culte et postérité

Le temple de Khonsou, dans l’enceinte de Karnak, fut commencé sous Ramsès III et achevé par ses successeurs ; c’est l’un des temples du Nouvel Empire les mieux conservés. La barque du dieu accompagnait celles d’Amon et de Mout lors de la fête d’Opet. À la Basse Époque, on venait le consulter comme oracle et comme guérisseur.

Certains auteurs grecs ont rapproché Khonsou d’Héraclès, pour des raisons qui restent obscures. Sa double nature, enfant bienveillant à Thèbes et égorgeur dans les textes anciens, illustre ce qu’Erik Hornung dit des dieux égyptiens en général : leur image n’est pas fixée une fois pour toutes et change au fil des siècles. Le mois de Pakhons, dans le calendrier copte, conserve son nom.

Pour aller plus loin

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Sources

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