Osiris
Dieu des morts, de la résurrection et de la végétation
Origines
Osiris apparaît dans les textes vers la fin de la Ve dynastie, dans les Textes des pyramides, où le roi défunt est identifié à lui : mort comme Osiris, il revit comme lui. Son origine exacte reste discutée. Deux villes se disputent son culte le plus ancien : Busiris (Djedou) dans le delta, où il a peut-être absorbé le dieu local Andjety, et Abydos (Abdjou) en Haute-Égypte, où il a pris la place du dieu des morts Khentamentiou, « le Premier des Occidentaux », dont il porte ensuite le titre.
Dans la théologie d’Héliopolis, Osiris est le fils aîné de Geb, la terre, et de Nout, le ciel ; il est le frère et l’époux d’Isis, le frère de Seth et de Nephthys, et le père d’Horus. Il aurait été le premier roi d’Égypte, celui qui enseigna aux hommes l’agriculture et les lois, avant d’être assassiné.
Attributs et symboles
Osiris est représenté comme un homme enveloppé dans un linceul, à la manière d’une momie, les mains seules dégagées pour tenir le sceptre-crochet heqa et le flagellum, insignes de la royauté. Il porte la couronne atef, mitre blanche flanquée de deux plumes. Sa peau est verte, couleur de la végétation renaissante, ou noire, couleur du limon fertile du Nil. Le pilier djed, image de stabilité, lui est associé : le dresser, c’est relever le dieu.
Cette iconographie dit sa nature double : mort et pourtant vivant, immobile et pourtant source de toute croissance. Les Égyptiens plaçaient dans les tombes des « Osiris végétants », silhouettes de terre semées d’orge dont la germination figurait la résurrection.
Mythes principaux
Le récit complet du mythe ne nous est parvenu que par Plutarque, au début du IIe siècle de notre ère, dans son traité Isis et Osiris ; les sources égyptiennes n’en donnent que des allusions, sans doute par répugnance à mettre le crime par écrit. Seth, jaloux, fait fabriquer un coffre aux mesures de son frère et l’invite à s’y étendre lors d’un banquet ; il referme le couvercle et jette le coffre au Nil. Isis le retrouve à Byblos, mais Seth s’empare du corps et le découpe en quatorze morceaux qu’il disperse à travers l’Égypte. Isis les rassemble tous, sauf le sexe, avalé par un poisson, et, avec Anubis, reconstitue la première momie. Par sa magie, elle conçoit d’Osiris un fils, Horus, qui vengera son père.
Osiris ne revient pas parmi les vivants : il devient roi du monde des morts, où, selon le Livre des morts, il préside au jugement des défunts. Chacun d’eux, devenu à son tour « un Osiris », espère partager son sort.
Culte et postérité
Abydos fut le grand centre de son culte. Une stèle du Moyen Empire, celle du fonctionnaire Ikhernofret, décrit les « mystères » qui s’y jouaient chaque année : la procession du dieu, le combat contre ses ennemis, son retour triomphal au temple. Des milliers de fidèles y ont laissé des stèles pour participer à distance à la fête. Le temple de Séthi Ier à Abydos, au Nouvel Empire, reste l’un des monuments les mieux conservés d’Égypte.
À partir du Moyen Empire, tout défunt qui pouvait s’offrir les rites devenait un Osiris ; Erik Hornung y voit un trait propre à la religion égyptienne, où le mort s’identifie au dieu. À l’époque ptolémaïque, Osiris uni au taureau Apis donne Sérapis, dieu à visage grec dont le culte gagna tout le bassin méditerranéen. Les Grecs, dès Hérodote, ont reconnu en lui leur Dionysos.