Ces dieux

Ptah

Dieu créateur de Memphis, patron des artisans

Origines

Ptah est le dieu de Memphis, la capitale fondée, selon la tradition, à l’unification de l’Égypte, au sud de l’actuel Caire. Son temple, Hout-ka-Ptah, « la demeure du ka de Ptah », a donné par le grec Aigyptos le nom même de l’Égypte. Attesté dès la Ire dynastie, il est d’abord le patron des artisans de la ville, où travaillent les ateliers royaux ; son grand prêtre porte le titre de « grand des directeurs des artisans ». Il forme avec la lionne Sekhmet, son épouse, et Néfertoum, le dieu du lotus, la triade de Memphis.

Dans la théologie memphite, Ptah est le créateur suprême, plus ancien que le soleil lui-même. Il est uni à Tatenen, « la terre qui s’élève », la butte primordiale sortie des eaux, et à Sokar, le dieu faucon de la nécropole de Saqqarah, pour former Ptah-Sokar-Osiris, divinité funéraire dont les statuettes accompagnent les défunts à la Basse Époque.

Attributs et symboles

Ptah se distingue aisément des autres dieux : il est un homme debout, enveloppé dans un linceul serré comme une momie, la tête couverte d’une calotte lisse, une barbe droite au menton. Ses mains sortent du linceul pour tenir un sceptre qui réunit trois signes : le ouas, la puissance ; le djed, la stabilité ; l’ânkh, la vie. Il se tient souvent dans une chapelle ouverte, sur le socle en forme de signe maât. Le taureau Apis, élevé dans son temple de Memphis, est son « héraut » vivant, animal sacré dans lequel le dieu se manifeste.

Mythes principaux

Le principal texte sur Ptah est la « théologie memphite », gravée sur la stèle de Shabaka, roi de la XXVe dynastie, qui affirme copier un papyrus ancien rongé par les vers ; les égyptologues datent aujourd’hui sa composition du Nouvel Empire ou de la Basse Époque plutôt que de l’Ancien Empire, comme on l’a longtemps cru. Le texte décrit une création par l’esprit et la parole : Ptah conçoit le monde dans son cœur, siège de la pensée, et le fait exister par sa langue, qui prononce les noms. Atoum et l’Ennéade d’Héliopolis ne sont que ses dents et ses lèvres. Erik Hornung note que cette création intellectuelle contraste avec les créations physiques d’Atoum ou de Khnoum, qui façonne les hommes sur son tour de potier ; elle a souvent été comparée à la doctrine du Logos.

Ptah entre peu dans les récits d’aventures. Dans le procès d’Horus et de Seth, il siège au tribunal. La tradition tardive fait de lui le père d’Imhotep, l’architecte de la pyramide à degrés de Djéser divinisé à la Basse Époque, ce qui souligne son lien avec les bâtisseurs.

Culte et postérité

Le temple de Ptah à Memphis fut l’un des trois plus grands d’Égypte avec ceux d’Amon à Thèbes et de Rê à Héliopolis ; il n’en reste que des ruines et le colosse de Ramsès II conservé à Mit Rahina. Les Apis morts étaient enterrés en grande pompe dans le Sérapéum de Saqqarah, dont les galeries et les sarcophages monumentaux ont été découverts par Auguste Mariette en 1851. Les artisans de Deir el-Medina, qui creusaient les tombes royales, l’honoraient avec Hathor et Thot.

Hérodote a reconnu en lui Héphaïstos, le dieu forgeron, à cause de son patronage des métiers ; le rapprochement est approximatif, car Ptah n’a rien du dieu boiteux et n’est pas lié au feu. Osiris-Apis, le taureau de Ptah défunt assimilé à Osiris, est à l’origine du Sérapis des Ptolémées. Aujourd’hui, le nom de Ptah reste attaché à la ville dont il fut le maître et au pays entier, qui lui doit son nom.

Pour aller plus loin

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Sources

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