Ces dieux

Thot

Dieu de l’écriture et du savoir, scribe des dieux

Origines

Thot, Djehouty en égyptien, est le dieu d’Hermopolis (Khemenou, « la ville des Huit ») en Moyenne-Égypte. Deux animaux le représentent : l’ibis sacré, au long bec recourbé, et le babouin hamadryas, que les Égyptiens voyaient saluer le soleil levant par ses cris. Il est attesté dès l’Ancien Empire, où les Textes des pyramides lui confient déjà un rôle de protecteur du roi défunt et de messager.

Sa position dans les généalogies est fluctuante : selon certaines versions, il est né sans mère, sorti du crâne de Seth ou du cœur de Rê ; le plus souvent, il est simplement le dieu que les autres appellent pour arbitrer, compter et écrire. Il n’appartient pas à l’Ennéade d’Héliopolis, mais préside à Hermopolis un groupe de huit divinités primordiales, l’Ogdoade, qui donne son nom à la ville.

Attributs et symboles

Thot est un homme à tête d’ibis, coiffé du croissant et du disque lunaire, tenant la palette et le calame du scribe ; ou un babouin assis, parfois le croissant sur la tête. Il est le dieu de la lune, qui remplace Rê pour éclairer la nuit, et à ce titre le maître du calendrier et de la mesure du temps. Il a inventé l’écriture, les hiéroglyphes étant les « paroles du dieu », et les scribes lui versent une libation avant de commencer leur travail. Il connaît les formules magiques et les rituels ; on lui attribue des livres sacrés que les prêtres disent conserver dans les temples.

Mythes principaux

Thot est l’arbitre et le guérisseur des conflits divins. Dans la lutte d’Horus et de Seth, il soigne l’œil arraché d’Horus et le rend intact : l’œil oudjat est aussi son œuvre. Il ramène en Égypte la déesse Lointaine, l’Œil de Rê enfui en Nubie, par la persuasion et les récits. Dans le Livre des morts, au chapitre 125, il se tient près de la balance du jugement, note le résultat de la pesée du cœur et le proclame devant Osiris : sans lui, la justice n’aurait pas de mémoire.

Platon, dans le Phèdre, rapporte une histoire égyptienne qu’il attribue au dieu Theuth : ayant inventé les nombres, la géométrie, l’astronomie et l’écriture, il les présente au roi Thamous, qui juge que l’écriture affaiblira la mémoire des hommes. Le philosophe grec témoigne ainsi de la réputation du dieu bien au-delà de l’Égypte.

Culte et postérité

Hermopolis fut son grand centre, et la nécropole voisine de Touna el-Gebel a livré des galeries souterraines contenant des centaines de milliers d’ibis et de babouins momifiés, offerts par les pèlerins à la Basse Époque. Les scribes et les lettrés de toute l’Égypte le considéraient comme leur patron, et les artisans de Deir el-Medina l’honoraient aux côtés de Ptah.

Les Grecs l’identifièrent à Hermès, messager des dieux et inventeur lui aussi de l’écriture. De cette rencontre naquit Hermès Trismégiste, « trois fois très grand », auteur supposé des traités philosophiques du Corpus hermétique, rédigés en grec dans l’Égypte romaine. Par eux, Thot a traversé le Moyen Âge et la Renaissance comme figure du sage égyptien détenteur des secrets du monde, et son nom reste attaché à l’idée même de savoir caché.

Figures apparentées dans d’autres panthéons

  • Hermès — Messager des dieux, dieu des voyageurs et des échanges (Mythologie grecque)

Pour aller plus loin

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Sources

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