Ces dieux

Heimdall

Gardien des dieux, veilleur du pont Bifröst

Origines

Heimdall (Heimdallr) est le gardien des dieux. Snorri le nomme « l’Ase blanc », grand et saint, et le dit né de neuf mères ; la Hyndluljóð, dans l’Edda poétique, précise qu’il vint au monde au bord de la terre, fils de neuf sœurs géantes, et Snorri cite deux vers d’un poème perdu, le Heimdalargaldr, où le dieu se dit lui-même fils de neuf mères. Plusieurs chercheurs ont reconnu dans ces neuf mères les neuf filles du dieu de la mer Ægir, c’est-à-dire les vagues, sans que les textes le disent explicitement. Le sens de son nom est obscur ; la première partie évoque le monde (heimr), la seconde reste discutée. Il n’a pas de parenté connue avec Odin ni avec les autres Ases, ce qui le distingue de presque tous les grands dieux du panthéon.

Attributs et symboles

Heimdall habite Himinbjörg, « les Monts du ciel », à l’endroit où le pont Bifröst touche le ciel. Il veille aux confins du monde des dieux contre les géants. Il a besoin de moins de sommeil qu’un oiseau, voit à cent lieues de nuit comme de jour et entend l’herbe pousser sur la terre et la laine sur les brebis (Gylfaginning 27). Il possède la corne Gjallarhorn, dont le son s’entend dans tous les mondes, et le cheval Gulltoppr, « Toupet d’or ». On l’appelle aussi Gullintanni, « Dents d’or ». Une strophe de la Völuspá place son ouïe, ou sa corne selon les traductions, cachée sous l’arbre Yggdrasill, sans que le sens en soit sûr.

Mythes principaux

Le poème Rígsþula, conservé dans un manuscrit de l’Edda de Snorri, raconte comment un dieu nommé Rígr, que le prologue identifie à Heimdall, parcourt le monde des hommes et s’arrête dans trois foyers successifs. De chacun naît un fils : Þræll, l’esclave, Karl, le paysan libre, et Jarl, le noble ; du fils de Jarl viendra la royauté. Heimdall apparaît ainsi comme le père des trois ordres de la société, et la Völuspá s’ouvre en appelant les humains les enfants, grands et petits, de Heimdall.

Dans la Þrymskviða, c’est lui, « qui sait l’avenir comme les Vanes », qui propose de déguiser Thor en mariée pour reprendre le marteau. Les Skáldskaparmál mentionnent un combat entre Heimdall et Loki, tous deux sous forme de phoques, pour le collier Brísingamen ; l’épisode était chanté dans la Húsdrápa d’Úlfr Uggason, dont il ne reste que des fragments. Au Ragnarök, Heimdall sonne du Gjallarhorn pour réveiller les dieux ; dans le combat final, il tue Loki et meurt de sa main.

Culte et postérité

Aucune trace de culte ne subsiste et aucun toponyme n’est sûrement formé sur son nom. Heimdall est un dieu de textes, mais un dieu structurant : gardien, initiateur des lignées humaines, premier à sonner l’alarme, dernier adversaire de Loki. Georges Dumézil a consacré plusieurs études à cette figure, qu’il rapproche du Bhīṣma du Mahābhārata, né lui aussi d’une divinité des eaux, premier-né et dernier-mourant, gardien d’un ordre qu’il ne gouverne pas ; il y voit un dieu-cadre, qui encadre le temps du monde de sa naissance à sa fin. Rudolf Simek et Régis Boyer rappellent que la plupart des détails sur Heimdall viennent de Snorri, dont les sources ne sont pas toujours vérifiables. Dans la culture populaire, il est resté le veilleur au pont de l’arc-en-ciel, image directement tirée de la Gylfaginning.

Pour aller plus loin

Liens affiliés : en tant que Partenaire Amazon, Ces dieux réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Sources

L’infolettre de Ces dieux

Les nouvelles fiches, et bientôt : parlez avec les dieux.

En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir par courriel les nouvelles de Ces dieux, envoyées par Milotche Media, Montréal (Québec), [email protected]. Vous pouvez vous désinscrire en tout temps grâce au lien présent dans chaque courriel.