Ces dieux

Mimir

Gardien de la source de sagesse, conseiller d’Odin

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Origines

Mimir (Mímir, parfois Mímr) est l’être le plus sage que connaissent les dieux, mais sa nature reste indécise. L’Ynglinga saga le traite comme un Ase ; d’autres passages le rangent du côté des géants, et aucune généalogie ne lui est donnée. Jacob Grimm jugeait qu’il n’est pas un Ase mais un être supérieur dont les Ases se servent, peut-être un ancien dieu de la nature. Son nom est souvent rapproché de la famille du latin memor, « qui se souvient », ce qui en ferait une figure de la mémoire ; l’étymologie est vraisemblable, non certaine.

Eugen Mogk l’identifiait à l’oncle maternel d’Odin, ce fils du géant Bölþorn dont le dieu, selon la Hávamál, reçut neuf chants puissants. Le poème ne nomme pas ce parent : l’identification est une hypothèse.

Attributs et symboles

La tradition associe Mimir à deux objets, une source et une tête. Selon la Gylfaginning, la source de Mimir se trouve sous la racine d’Yggdrasill qui s’étend vers les géants du givre ; elle renferme savoir et intelligence, et Mimir est rempli de science parce qu’il y boit chaque jour, à l’aide de la corne Gjallarhorn. La Völuspá dit qu’il boit l’hydromel chaque matin sur le gage laissé par Odin.

L’autre image est celle de la tête. Dans la Völuspá, quand le Ragnarök s’annonce, Odin s’entretient avec la tête de Mimir ; la Sigrdrífumál évoque cette tête prononçant des paroles de vérité. Deux poèmes mentionnent encore un arbre, Mímameiðr, et un bois, celui de Hoddmímir, où un couple humain survivra à la fin du monde ; Grimm distinguait ce Mími de Mimir, et le rapport entre ces noms n’est pas clair.

Mythes principaux

Le premier récit est celui du gage. Odin vint à la source et demanda à y boire ; il n’obtint sa gorgée qu’en y déposant un de ses yeux. Snorri le raconte dans la Gylfaginning en citant la Völuspá, où la voyante dit savoir où l’œil d’Odin est caché. C’est l’explication du dieu borgne, et l’un des épisodes où Odin paie de sa personne l’acquisition du savoir.

Le second vient de l’Ynglinga saga. À la paix qui suit la guerre des Ases et des Vanes, les Ases envoient comme otages Hœnir, qu’ils disent fait pour commander, et Mimir, le plus sage d’entre eux. Les Vanes font de Hœnir un chef, puis s’aperçoivent qu’il ne décide rien en l’absence de son conseiller. S’estimant trompés, ils décapitent Mimir et renvoient sa tête. Odin l’enduit d’herbes qui empêchent la corruption, prononce sur elle des incantations et lui donne le pouvoir de parler ; elle lui révèle dès lors bien des choses cachées.

Les deux traditions s’accordent mal : dans l’une Mimir vit près de sa source, dans l’autre il n’est plus qu’une tête. Mogk y voyait deux mythes parallèles et expliquait le second par la croyance, répandue selon lui, que la tête est le siège de l’âme et que des têtes conservées peuvent prédire l’avenir. Au Ragnarök, selon Snorri, Odin chevauche jusqu’à la source pour prendre conseil.

Culte et postérité

Aucun culte de Mimir n’est attesté. Son nom apparaît en revanche hors de Scandinavie, dans la légende héroïque. Grimm relève que la Þiðreks saga, fondée sur des récits allemands, connaît un forgeron Mimir, maître du jeune Sigurd et du forgeron Velent, et que Saxo Grammaticus mentionne un Mimingus, esprit des bois détenteur d’une épée et d’un bracelet, dans son récit de Balderus. Il rapprochait aussi des noms de lieux allemands, dont l’ancien nom de Münster, Mimigardiford. Pour Grimm, ces fables tardives auraient abaissé un être divin au rang de forgeron habile ; rien ne prouve cependant qu’il s’agisse du même personnage.

Rudolf Simek souligne que les données sur Mimir tiennent en peu de strophes, obscures, que Snorri a ordonnées à sa manière. Le motif de la tête qui parle a été comparé à des récits celtiques, sans qu’un emprunt soit établi.

Pour aller plus loin

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Sources

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