Ces dieux

Skadi

Géante chasseresse des montagnes, épouse de Njörd

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Origines

Skadi (Skaði) est une géante, fille de Þjazi, que les dieux tuèrent après l’enlèvement d’Idunn. Elle entre dans la société des Ases par son mariage avec Njörd, et Snorri la compte dès lors parmi les déesses. L’origine de son nom est discutée. On l’a rapproché du nom commun skaði, « dommage », du gotique skadus, « ombre », et surtout du nom de la Scandinavie, que les auteurs antiques écrivent Scadinavia ; dans ce dernier cas, on ne sait si la déesse a donné son nom au pays ou si elle en est tirée. Aucune de ces explications ne s’impose.

Attributs et symboles

Skadi habite Þrymheimr, l’ancienne demeure de son père dans les montagnes, que la Grímnismál mentionne parmi les résidences divines. Selon la Gylfaginning, elle parcourt la neige à skis, l’arc à la main, et tire le gibier ; on l’appelle la déesse ou la dise des skis. Eugen Mogk soulignait son goût de la chasse et de la course sur la neige, la qualifiait de figure hivernale et la rapprochait d’Ull, autre archer skieur. Cette parenté de traits est réelle ; l’interprétation de l’un et de l’autre comme personnifications de l’hiver appartient à la mythologie naturaliste du temps de Mogk.

Mythes principaux

Son histoire est contée dans les Skáldskaparmál. Après la mort de Þjazi, Skadi prend casque, cotte de mailles et armes et se présente devant Ásgarðr pour venger son père. Les Ases lui offrent une compensation. Elle pourra choisir un mari parmi eux, mais en ne voyant que les pieds. Elle désigne les plus beaux, persuadée qu’ils sont ceux de Baldr ; ils appartiennent à Njörd. Elle exige aussi qu’on la fasse rire, ce qu’elle croit impossible. Loki attache une corde à la barbe d’une chèvre et à ses propres parties ; l’un et l’autre tirent et crient, puis Loki se laisse tomber sur les genoux de Skadi, qui rit. Mogk comparait la scène au conte de la princesse qu’il faut dérider. Enfin Odin jette les yeux de Þjazi dans le ciel, où ils deviennent deux étoiles.

Le mariage échoue. Skadi ne supporte pas le rivage de Nóatún, où les cris des oiseaux de mer l’empêchent de dormir ; Njörd ne supporte pas le hurlement des loups dans la montagne. Malgré un partage des nuits entre les deux demeures, elle retourne à Þrymheimr.

Elle reparaît à la fin de la Lokasenna. Elle y prédit à Loki qu’il sera bientôt lié sur un roc avec les boyaux de son fils ; il réplique qu’il fut le premier à frapper Þjazi et qu’elle l’a jadis invité dans son lit. Quand les dieux enchaînent Loki, c’est Skadi, selon la prose finale du poème et selon Snorri, qui suspend au-dessus de son visage le serpent dont le venin goutte sur lui.

L’Ynglinga saga ajoute qu’après avoir quitté Njörd elle s’unit à Odin et lui donna plusieurs fils, dont Sæmingr. Snorri s’appuie là sur un poème généalogique du Xe siècle, la Háleygjatal, qui faisait descendre de ce couple les jarls de Hlaðir, en Norvège.

Culte et postérité

Dans la Lokasenna, Skadi menace Loki en parlant de « ses sanctuaires et ses champs », formule qui suppose des lieux de culte. Rudolf Simek signale que des toponymes de Suède et de Norvège ont été expliqués par son nom, sans que cette lecture soit assurée. Avec la généalogie des jarls de Hlaðir, ces indices suggèrent une figure plus importante que ne le laisse voir son rôle dans les mythes, peut-être une ancienne divinité des régions de montagne et de chasse. Les textes ne permettent pas d’aller au-delà.

Reste un personnage singulier : une géante admise parmi les déesses, armée, qui choisit elle-même son époux, puis le quitte. Le dialogue des deux époux mal assortis, la montagne contre la mer, est l’un des rares passages de l’Edda de Snorri où s’exprime un désaccord domestique entre divinités.

Pour aller plus loin

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Sources

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