Ces dieux

Ull

Dieu archer et skieur, invoqué dans les duels

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Origines

Ull (Ullr) est l’un des dieux les plus mal connus du panthéon nordique. Snorri lui consacre quelques lignes dans la Gylfaginning : il est le fils de Sif et le beau-fils de Thor ; son père n’est nommé nulle part. Son nom est rapproché du gotique wulþus, « gloire, éclat ». Une inscription runique sur une bouterolle de fourreau trouvée dans la tourbière de Thorsberg, au Schleswig, et datée des environs de l’an 200, contient un nom souvent lu comme « serviteur d’Ull » ; cette lecture, si elle est juste, en ferait l’un des plus anciens noms divins attestés chez les Germains.

Attributs et symboles

Selon Snorri, Ull est un archer et un skieur si habile que nul ne peut rivaliser avec lui ; il est beau, il a les qualités d’un guerrier, et il est bon de l’invoquer dans les combats singuliers. Les Skáldskaparmál le désignent comme dieu des skis, dieu de l’arc, dieu de la chasse et dieu du bouclier. Les scaldes appellent le bouclier « navire d’Ull », kenning dont le récit explicatif est perdu ; Eugen Mogk rapportait l’expression au patin à neige, véhicule du dieu.

La Grímnismál place sa demeure à Ýdalir, « les Vallons des ifs », l’if étant le bois dont on faisait les arcs. Le même poème promet « la faveur d’Ull et de tous les dieux » à celui qui, le premier, touchera au feu, formule qui le met à part des autres. Dans l’Atlakviða, un serment solennel est juré « sur l’anneau d’Ull ».

Mythes principaux

Les sources islandaises ne conservent aucun mythe d’Ull. Il faut se tourner vers Saxo Grammaticus, qui écrit en latin vers 1200 et traite les dieux en hommes. Dans la Geste des Danois, lorsque Othinus est banni par les autres dieux pour s’être déshonoré, un certain Ollerus est mis à sa place et reçoit jusqu’à son nom ; il règne dix ans. Au retour d’Othinus, il est chassé, se réfugie en Suède et y est tué par les Danois. Saxo ajoute qu’Ollerus était un magicien capable de traverser les mers sur un os gravé de formules, détail que l’on rapproche d’ordinaire des skis ou des patins en os.

Mogk interprétait ce récit selon la mythologie naturaliste de son temps : Ull serait le frère hivernal d’Odin, qui gouverne à sa place pendant la mauvaise saison et lui rend le pouvoir au printemps, d’où sa parenté de traits avec Skadi, autre figure de la neige. Cette lecture saisonnière n’est plus admise comme telle. Georges Dumézil a vu plutôt dans le couple Odin-Ollerus une variante du partage de la souveraineté entre deux dieux complémentaires, et rapproché Ull de Tyr.

Culte et postérité

Le contraste est net entre la minceur des textes et l’abondance des noms de lieux. Les toponymes formés sur Ull, ou sur la forme voisine Ullinn, sont nombreux dans le centre de la Suède et le sud-est de la Norvège, Ullevi ou Ullensaker par exemple ; plusieurs associent son nom à un terme désignant un sanctuaire, un champ ou un bois sacré. Ils manquent presque entièrement au Danemark, où se trouvent au contraire les toponymes de Tyr, répartition qui a nourri l’hypothèse de Dumézil. L’Islande, colonisée tardivement, n’en a pas.

Rudolf Simek en conclut, avec la plupart des chercheurs, qu’Ull fut un dieu important à date ancienne, dont le culte avait décliné avant l’époque viking ; les poètes islandais n’en auraient gardé que des formules figées, le serment sur l’anneau et quelques kennings. Tout ce qui dépasse ce constat, qu’il s’agisse d’un ancien dieu du ciel, de l’hiver ou du droit, relève de la reconstruction.

Pour aller plus loin

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Sources

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