Ces dieux

Faunus

Dieu des bois et des troupeaux, voix prophétique

Parler avec Faunus

Origines

Faunus est un dieu proprement italique, lié aux bois, aux pâturages et aux bêtes qui y vivent. Son nom est généralement rapproché du verbe favere, « être favorable » : il serait « le Favorable », protecteur des bergers et de leurs troupeaux, explication que retiennent Pierre Grimal et H. J. Rose. Le pluriel est aussi ancien que le singulier : Rose parle de Faunus « ou des Faunes », sortes de génies des campagnes autour desquels s’était formé un petit culte, mêlé de croyances populaires.

Les Romains l’ont identifié au dieu arcadien Pan, et les Faunes aux satyres grecs. De ce rapprochement est née la légende d’Évandre, roi arcadien installé sur le Palatin avant la fondation de Rome. Rose se demande si le nom même d’Évandre, « l’homme bon », n’est pas une traduction de celui de Faunus.

Attributs et symboles

Le Faunus des artistes a pris les traits de Pan : cornes, pieds de chèvre, flûte. Le dieu romain est d’abord une présence et une voix. Il habite les bois ; on l’entend plus qu’on ne le voit. Son surnom de Fatuus, « le Parleur », le désigne comme dieu prophétique.

Virgile décrit son oracle au septième livre de l’Énéide : dans le bois d’Albunéa, le roi Latinus sacrifie des brebis, se couche sur leurs toisons et entend en songe la voix de son père Faunus, qui lui interdit de marier sa fille à un Latin. Ovide prête le même rite au roi Numa.

Mythes principaux

Les généalogistes ont fait de Faunus un des premiers rois du Latium, successeur de Picus et père de Latinus ; Virgile le dit petit-fils de Saturne. Rose juge cette lignée artificielle : de petits dieux locaux y ont été changés en rois. D’autres récits lui donnent pour épouse, ou pour fille, Fauna, que l’on identifiait à la Bonne Déesse, dont le culte était réservé aux femmes.

Ovide raconte, au troisième livre des Fastes, comment Numa, sur le conseil de la nymphe Égérie, captura Faunus et Picus en disposant du vin près de la source où ils venaient boire ; enchaînés dans leur sommeil, ils lui apprirent le moyen de faire descendre Jupiter et d’apprendre de lui comment conjurer la foudre. Au deuxième livre, un conte plaisant explique la nudité des Luperques : Faunus, épris d’Omphale, se glisse de nuit dans la grotte où elle dort avec Hercule ; ils ont échangé leurs vêtements, il se trompe de lit, et Hercule le jette à terre sous les rires. Depuis, le dieu ne veut plus de vêtements à sa fête.

Culte et postérité

Les Lupercales se célébraient le 15 février. Grimal en décrit le rite : dans la grotte du Lupercal, au pied du Palatin, on sacrifiait un bouc et un chien ; le front des Luperques était touché du couteau sanglant, puis essuyé avec de la laine trempée dans du lait, et ils devaient rire. Vêtus de la seule peau des victimes, ils couraient ensuite autour de la colline en frappant de lanières les femmes qu’ils croisaient, pour les rendre fécondes. Ovide et Grimal donnent Faunus pour le dieu de la fête ; Rose écrit plus prudemment qu’elle lui était rattachée, « ou supposée telle », et Tite-Live nomme à cet endroit un Inuus. Les Romains eux-mêmes n’étaient donc pas sûrs du destinataire d’un rite très ancien.

Faunus reçut tard un temple en ville. Tite-Live rapporte que les édiles de la plèbe le firent bâtir sur l’île du Tibre en 196 avant notre ère, avec le produit d’amendes infligées à des éleveurs, et qu’il fut dédié en 194 ; Ovide place sa fête aux ides de février. À la campagne, on l’honorait le 5 décembre : Horace décrit, dans une ode, le village en fête, le chevreau offert, le vin versé et les bœufs au repos.

Le français lui doit le « faune » des poètes et des sculpteurs, et, par sa parèdre Fauna, le mot qui désigne l’ensemble des animaux d’un pays.

Pour aller plus loin

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Sources

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