Ces dieux

Simbi

Lwa des sources et des mares, maître de magie

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Origines

Simbi n’est pas un lwa unique, mais une famille d’esprits des eaux douces : Simbi Dlo, « de l’eau », Simbi Andezo, « entre deux eaux », Simbi Makaya et d’autres, dont la liste change d’un temple à l’autre. Leur origine est l’une des mieux établies du vodou. Le nom vient du Kongo, où les basimbi (au singulier simbi) sont des esprits attachés aux sources, aux mares, aux rochers et aux forêts d’un territoire. Robert Farris Thompson a décrit cette filiation et la place des Simbi dans l’héritage kongo des Amériques.

En Haïti, les Simbi relèvent des rites Kongo et Petwo. Mais leur position n’est pas tranchée : Maya Deren observe qu’ils sont servis des deux côtés, Rada et Petwo, et que le nom même de Simbi Andezo dit cette situation intermédiaire.

Attributs et symboles

Les Simbi habitent les sources, les mares, les bassins et les rivières. Dans de nombreux temples, un bassin maçonné leur est réservé. Le serpent d’eau leur est associé et apparaît dans leurs vèvè. Les couleurs et les offrandes varient selon le Simbi que l’on sert et selon la maison ; aucune liste ne vaut pour tous.

Deren les présente comme les patrons des pluies et des eaux douces, et aussi des magiciens. Ce second aspect est constant : les Simbi sont tenus pour de grands connaisseurs des charmes, des « points » et des feuilles, et ceux qui pratiquent la magie ou la médecine des plantes se réclament volontiers d’eux. Simbi Makaya, en particulier, est lié aux rites du même nom, réputés pour leur puissance magique.

Les pratiquants les décrivent souvent comme des esprits réservés, qui tardent à se manifester. La personne qu’ils montent cherche l’eau, veut s’y plonger ou demande qu’on l’asperge.

Mythes principaux

Il n’existe pas de récit suivi sur les Simbi : la tradition tient dans les chants, qui les appellent à sortir de la source, et dans des croyances rapportées par les ethnographes.

La plus connue est notée par Alfred Métraux. Les Simbi gardent les points d’eau, et les enfants que l’on envoie y puiser risquent d’être enlevés par eux. Le Simbi, dit-on, emmène l’enfant sous l’eau pour en faire son serviteur, puis le relâche après plusieurs années, doué de clairvoyance en récompense de ses services. Ce motif du séjour sous l’eau, dont on revient avec un savoir, se retrouve chez d’autres lwa aquatiques, comme la Sirène.

Le lien entre l’eau et la connaissance est le trait le plus stable du personnage. Qu’il s’agisse d’enfants enlevés ou d’adultes instruits en rêve, celui qui a été distingué par un Simbi en garde un don de voyance ou de guérison.

Culte et postérité

Les Simbi sont servis près des sources et dans les temples qui possèdent un bassin. Avant de capter une source ou d’y puiser à certaines heures, on salue l’esprit du lieu. Les familles rurales comptent souvent un Simbi parmi les lwa hérités, attaché à un point d’eau de la terre familiale.

Les correspondances catholiques ne sont pas fixes. Selon les régions et les temples, on emploie pour les Simbi des images différentes, et les auteurs ne s’accordent pas sur une attribution unique ; mieux vaut donc ne pas en retenir une seule.

Pour les chercheurs, les Simbi sont un témoin précieux de la part du Kongo dans le vodou, longtemps moins étudiée que l’héritage du Dahomey. Thompson les replace dans un ensemble plus vaste, celui des traces laissées par la pensée kongo dans les arts et les religions des Amériques. En Haïti comme dans la diaspora, ils restent les lwa de l’eau douce et du savoir caché.

Pour aller plus loin

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Sources

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