Ces dieux

Guan Yu

Général divinisé, dieu de la loyauté et du commerce

Origines

Guan Yu est un personnage historique. Originaire de Xie, dans l’actuel Shanxi, il fut l’un des principaux généraux de Liu Bei, fondateur du royaume de Shu, à l’époque où l’empire des Han se disloquait en trois royaumes. Chen Shou, dans ses Chroniques des Trois Royaumes rédigées au IIIe siècle, rapporte sa bravoure, sa fierté et sa fin : capturé par les troupes de Sun Quan après la perte de la province de Jing, il fut exécuté en 220.

Ce n’est pas l’historien qui a fait de lui un dieu, mais les conteurs. Dès les Tang, un culte local lui est rendu au mont Yuquan, dans le Hubei, où l’on dit que son esprit apparut au maître bouddhiste Zhiyi. Sous les Song, les empereurs commencent à lui décerner des titres. Le roman Les Trois Royaumes, attribué à Luo Guanzhong et fixé au XIVe siècle, achève de le transformer en modèle de loyauté.

Attributs et symboles

Son image est l’une des plus reconnaissables de toute l’Asie orientale : le visage rouge, la longue barbe noire, la robe verte, la hallebarde dite « sabre du dragon vert à la lune couchée ». Il monte le cheval Lièvre rouge, que Cao Cao lui avait offert. Assis, il lit souvent les Annales des Printemps et Automnes, le classique confucéen attribué à Confucius, ce qui fait de lui le lettré parmi les guerriers. Son fils adoptif Guan Ping et son écuyer Zhou Cang se tiennent à ses côtés.

La couleur rouge de son visage, dans le roman, dit sa droiture ; ses fidèles y lisent le sang et la loyauté. Chaque trait de son iconographie renvoie à un épisode du récit.

Mythes principaux

Le roman s’ouvre sur le serment du jardin des Pêchers : Liu Bei, Guan Yu et Zhang Fei jurent d’être frères, de servir ensemble l’empire et de mourir le même jour. Ce serment est resté en Chine le modèle de la fraternité choisie. Capturé par Cao Cao, Guan Yu accepte de le servir, mais à la condition de rejoindre Liu Bei dès qu’il saura où il se trouve ; il tue deux généraux ennemis pour payer sa dette, puis franchit cinq passes et abat six officiers pour retrouver son frère juré. Plus tard, à la passe de Huarong, il laisse échapper Cao Cao vaincu, par reconnaissance pour son ancienne bonté. Blessé au bras par une flèche empoisonnée, il joue aux échecs pendant que le médecin Hua Tuo lui gratte l’os.

Après sa mort, sa tête est envoyée à Cao Cao, qui la fait enterrer avec les honneurs à Luoyang : le tombeau du Guanlin s’y visite encore. Le roman raconte que son esprit, errant, réclama sa tête avant d’être apaisé par un moine.

Culte et postérité

Les empereurs des Ming puis des Qing ont élevé Guan Yu au rang d’« Empereur », puis de protecteur de la dynastie ; l’historien Prasenjit Duara a montré comment l’État, les marchands, les lettrés et les sociétés secrètes ont chacun projeté sur lui leurs propres valeurs. Il est le patron des soldats et des policiers, mais aussi celui des confréries et des triades, qui prêtent serment devant son image. Les commerçants l’honorent comme dieu de la richesse martiale, parce qu’un homme fidèle à sa parole est un homme avec qui l’on peut traiter.

Les bouddhistes le comptent parmi les gardiens des monastères ; les taoïstes en font un « Empereur-Seigneur » et lui attribuent des textes révélés. Ses temples sont innombrables, de Xiezhou, sa ville natale, à Hong Kong, Taïwan, Singapour et aux quartiers chinois du monde entier. Son anniversaire se fête le vingt-quatrième jour du sixième mois lunaire.

Pour aller plus loin

Liens affiliés : en tant que Partenaire Amazon, Ces dieux réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Sources

L’infolettre de Ces dieux

Les nouvelles fiches, et bientôt : parlez avec les dieux.

En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir par courriel les nouvelles de Ces dieux, envoyées par Milotche Media, Montréal (Québec), [email protected]. Vous pouvez vous désinscrire en tout temps grâce au lien présent dans chaque courriel.