Ces dieux

Guanyin

Bodhisattva de la compassion, secours de tous les êtres

Origines

Guanyin est la forme chinoise d’Avalokiteśvara, le bodhisattva de la compassion du bouddhisme du Grand Véhicule. Son nom, Guanshiyin, « Celui qui observe les sons du monde », traduit l’idée qu’il entend les appels de tous ceux qui souffrent. Le texte fondateur de son culte est le vingt-cinquième chapitre du Sūtra du Lotus, dit chapitre de la Porte universelle, traduit en chinois par Kumārajīva au début du Ve siècle : quiconque invoque son nom avec foi est délivré du feu, de la noyade, des brigands, des chaînes et de la peur, et la femme qui le prie obtient l’enfant qu’elle désire.

En Inde et dans les premières images chinoises, Avalokiteśvara est masculin. À partir des Song, entre le Xe et le XIIIe siècle, Guanyin est de plus en plus représentée sous des traits féminins, et c’est ainsi qu’on la connaît aujourd’hui. L’historienne Chün-fang Yü a retracé cette transformation, unique dans le monde bouddhique, qui a fait d’un bodhisattva indien la grande figure maternelle de la Chine.

Attributs et symboles

Guanyin est le plus souvent vêtue de blanc, debout ou assise sur un lotus, tenant un vase d’eau pure et un rameau de saule avec lequel elle asperge le monde de la rosée de la compassion. On la voit aussi sous sa forme aux mille bras et mille yeux, chaque main portant un œil, pour voir et secourir tous les êtres à la fois. D’autres images la montrent portant un enfant, comme Guanyin « qui donne des fils », ou tenant un panier de poissons, souvenir d’un récit où elle prend l’apparence d’une belle marchande pour convertir un village.

Elle est fréquemment accompagnée d’un garçon et d’une jeune fille, Shancai et Longnü, et d’un perroquet blanc. Son domaine est la mer du Sud, et son île sacrée, Putuoshan, au large du Zhejiang, où elle est vénérée comme Guanyin des Mers du Sud.

Mythes principaux

Le récit chinois le plus répandu est celui de la princesse Miaoshan, attesté par une inscription de 1100 au monastère de Xiangshan, dans le Henan. Troisième fille d’un roi, Miaoshan refuse de se marier pour se consacrer à la vie religieuse. Son père la persécute, fait brûler son couvent et ordonne sa mort ; elle descend aux enfers, qu’elle transforme en paradis par sa seule présence, puis revient au monde. Quand le roi tombe malade d’un mal que seuls les yeux et les mains d’une personne sans colère peuvent guérir, elle offre les siens. Le père, guéri et repentant, la reconnaît alors comme Guanyin aux mille bras.

Dans La Pérégrination vers l’Ouest, Guanyin est celle qui organise tout : c’est elle qui choisit le moine Tang Sanzang pour aller chercher les écritures en Inde, qui lui donne pour compagnons le singe Sun Wukong, le porc Zhu Bajie et le moine des Sables, et qui intervient chaque fois que les pèlerins sont en danger.

Culte et postérité

Guanyin est la divinité la plus honorée du monde chinois, bien au-delà des bouddhistes déclarés. Son image se trouve dans les monastères, dans les temples de la religion populaire aux côtés de Mazu ou de Guan Yu, dans les boutiques et sur les autels domestiques. On la prie pour la santé, la protection des voyageurs, la naissance d’un enfant et la paix de la maison. Ses fidèles observent trois fêtes, les dix-neuvièmes jours des deuxième, sixième et neuvième mois lunaires, en souvenir de sa naissance, de son éveil et de son entrée en religion.

Putuoshan accueille chaque année des millions de pèlerins venus de toute la Chine et de Taïwan. Au Japon, elle est Kannon, en Corée Gwaneum, au Vietnam Quan Âm : figures apparentées, nées du même sūtra, mais que chaque pays a façonnées à sa manière.

Pour aller plus loin

Liens affiliés : en tant que Partenaire Amazon, Ces dieux réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Sources

L’infolettre de Ces dieux

Les nouvelles fiches, et bientôt : parlez avec les dieux.

En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir par courriel les nouvelles de Ces dieux, envoyées par Milotche Media, Montréal (Québec), [email protected]. Vous pouvez vous désinscrire en tout temps grâce au lien présent dans chaque courriel.