Ces dieux

Huangdi

Empereur Jaune, souverain légendaire et ancêtre

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Origines

Huangdi, l’Empereur Jaune, n’est pas un dieu au sens où l’est l’Empereur de Jade : la tradition chinoise le tient pour un souverain des premiers temps. Sima Qian ouvre par lui ses Mémoires historiques, vers 100 avant notre ère. Il le dit fils de Shaodian, du nom de clan Gongsun et du nom personnel Xuanyuan, et précise qu’il régna par la vertu de la Terre, d’où son titre, le jaune étant la couleur de la terre et du centre. L’historien avoue lui-même que les récits qui couraient sur Huangdi manquaient de sobriété et qu’il a retenu les plus raisonnables.

Les chercheurs constatent que le personnage n’apparaît dans les textes qu’à l’époque des Royaumes combattants. Anne Birrell y voit une figure divine que les lettrés ont transformée en roi humain et placée en tête de l’histoire. Sous les Han, un courant de pensée politique et religieux associe son nom à celui de Laozi, et plusieurs traités techniques lui sont attribués.

Attributs et symboles

Huangdi est représenté en souverain, vêtu de la robe et coiffé du bonnet à pendeloques des empereurs. Le jaune, le centre et la terre lui sont associés, de même que le dragon, sa monture au moment de quitter le monde.

La tradition lui attribue, à lui ou à ses ministres, les inventions qui fondent la vie civilisée : les vêtements, les barques et les chars, le calendrier, les tubes sonores de la musique. Son scribe Cang Jie aurait créé l’écriture en observant les traces des oiseaux, et son épouse Leizu aurait enseigné l’élevage des vers à soie. Le Classique interne de l’Empereur Jaune, texte fondateur de la médecine chinoise, se présente comme un dialogue entre lui et ses médecins.

Mythes principaux

Selon Sima Qian, Huangdi vainquit d’abord Yandi à Banquan, après trois batailles, puis affronta le rebelle Chiyou à Zhuolu, le prit et le mit à mort. Les seigneurs le reconnurent alors comme Fils du Ciel.

Le Classique des monts et des mers donne de la guerre contre Chiyou un récit plus merveilleux. Chiyou fabriqua des armes et attaqua Huangdi, qui envoya contre lui le Dragon ailé. Chiyou demanda au Comte du Vent et au Maître de la Pluie de déchaîner une grande tempête ; Huangdi fit alors descendre sa fille Ba, la Sécheresse, et la pluie cessa. Chiyou fut tué. Des récits postérieurs ajoutent que Chiyou avait couvert le champ de bataille de brouillard et que Huangdi retrouva sa route grâce à un char dont la figure indiquait toujours le sud.

Sima Qian rapporte aussi, d’après les magiciens de la cour des Han, la fin du souverain. Huangdi fit fondre un trépied de bronze au pied du mont Jing. L’ouvrage achevé, un dragon descendit du ciel pour l’emporter. Ses ministres s’accrochèrent à la barbe de l’animal, qui se rompit, et l’arc de l’empereur tomba à terre.

Culte et postérité

Huangdi est honoré aujourd’hui comme l’ancêtre du peuple chinois. Les empereurs lui sacrifiaient déjà à son tombeau du mont Qiao, à Huangling, dans le Shaanxi. À la fin de l’empire, les nationalistes chinois ont fait de lui le père de la nation, et l’expression « descendants de Yan et de Huang » désigne couramment les Chinois. Lihui Yang et Deming An décrivent les grandes cérémonies publiques qui s’y tiennent chaque année à la fête de Qingming, ainsi que celles de Xinzheng, dans le Henan, tenu pour son lieu de naissance, le troisième jour du troisième mois lunaire. Des délégations de la diaspora y participent.

Le taoïsme le compte parmi ses patriarches, modèle du souverain qui cherche la Voie et obtient l’immortalité. Les médecins traditionnels se réclament de lui à travers le Classique interne. Figure d’ancêtre, de roi et de sage plutôt que divinité que l’on prie au quotidien, Huangdi tient ainsi une place à part dans la religion chinoise.

Sources

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