Ces dieux

Lei Gong

Dieu du tonnerre, justicier des fautes cachées

Parler avec Lei Gong

Origines

Le dieu du tonnerre est l’une des plus anciennes figures de la religion chinoise. Le Classique des monts et des mers place dans le marais du Tonnerre un dieu au corps de dragon et à tête d’homme, qui fait gronder le tonnerre en se frappant le ventre. Au Ier siècle de notre ère, le philosophe Wang Chong décrit l’image que les peintres donnaient de son temps : une rangée de tambours reliés entre eux, et un homme à l’allure d’athlète, appelé Lei Gong, qui les tire de la main gauche et brandit de la droite un maillet. Wang Chong rapporte aussi la croyance commune, qu’il conteste : la foudre punirait ceux qui ont commis des fautes secrètes.

Cette croyance a traversé les siècles. Henri Maspero a décrit le Lei Gong de la religion moderne comme un agent de l’administration céleste, qui n’agit pas de son propre chef mais exécute les sentences du Ciel.

Attributs et symboles

Depuis l’époque médiévale, Lei Gong n’a plus l’apparence d’un athlète. Il a un corps d’homme au teint sombre ou bleu, un bec d’oiseau, des ailes de chauve-souris et des serres. Il tient d’une main un maillet, de l’autre un ciseau, avec lequel il frappe les coupables, et un cercle de tambours l’entoure.

Il ne travaille pas seul. La Mère des Éclairs, Dianmu, tient deux miroirs dont elle fait jaillir la lumière ; le Comte du Vent porte une outre, le Maître de la Pluie un vase ou une épée, et un jeune garçon amasse les nuages. Ensemble, ils composent l’orage.

Mythes principaux

Un récit populaire explique la présence de la Mère des Éclairs. Lei Gong foudroya un jour une femme qu’il avait vue jeter de la nourriture ; or il s’agissait d’une veuve pieuse, qui se privait pour nourrir sa belle-mère et ne jetait que des déchets. Le Ciel, reconnaissant l’erreur, fit d’elle une divinité chargée d’éclairer la terre avant chaque coup, afin que le dieu ne frappe plus à l’aveugle.

D’autres histoires montrent un Lei Gong vulnérable, tombé à terre ou pris dans la fourche d’un arbre, qu’un paysan délivre et qui le récompense.

L’Investiture des dieux donne à la foudre une organisation. À la fin du roman, le ministre Wen Zhong, mort au combat, est placé à la tête du ministère du Tonnerre avec le titre de Vénérable céleste et vingt-quatre officiers sous ses ordres. Le même roman raconte l’histoire de Leizhenzi : trouvé nouveau-né après un coup de tonnerre par le futur roi Wen, il mange plus tard deux abricots merveilleux qui lui font pousser des ailes et un bec, et il vole au secours de son père adoptif.

Culte et postérité

Lei Gong est craint plus qu’il n’est familier. Les fidèles voient en lui celui qui châtie les enfants qui maltraitent leurs parents, les gens qui gaspillent le riz et les auteurs de crimes restés impunis ; « que la foudre me frappe » est une formule de serment. Son image figure dans de nombreux temples taoïstes, parmi les divinités de l’orage, et la fête du chef du ministère du Tonnerre tombe le vingt-quatrième jour du sixième mois lunaire. Sur la péninsule de Leizhou, au Guangdong, région de violents orages, un temple ancien est consacré à l’ancêtre du Tonnerre.

Le tonnerre tient aussi une grande place dans la liturgie. Depuis les Song, les prêtres taoïstes pratiquent des rites du Tonnerre : ils convoquent les maréchaux du ministère pour chasser les démons, guérir les malades ou faire venir la pluie. Ces rites sont toujours accomplis en Chine et à Taïwan. Dans les campagnes, on prie encore les dieux de l’orage en période de sécheresse.

Pour aller plus loin

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Sources

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