Ces dieux

Mazu

Déesse de la mer, protectrice des marins et des pêcheurs

Origines

Mazu est née, selon la tradition, en 960 dans l’île de Meizhou, au large de Putian, dans la province du Fujian. Elle s’appelait Lin Moniang, « la jeune fille silencieuse de la famille Lin », parce qu’elle n’aurait pas pleuré à sa naissance. Ses fidèles racontent qu’elle savait nager comme personne, qu’elle guérissait les malades et qu’elle prévoyait les tempêtes. Elle mourut jeune, sans s’être mariée, et les pêcheurs de son île se mirent à la voir apparaître au-dessus des flots, en robe rouge, pour guider les barques en péril.

Les historiens, avec James Watson, ont suivi la façon dont ce culte local est devenu un culte d’empire. Les empereurs des Song, puis des Yuan, des Ming et des Qing lui décernèrent une trentaine de titres successifs : Dame, puis Princesse céleste, Tianfei, et enfin, en 1684, Impératrice du Ciel, Tianhou. Chaque promotion récompensait une intervention en mer, réelle ou rapportée, en faveur des flottes officielles.

Attributs et symboles

Mazu est figurée assise, le visage sombre ou rouge, coiffée du bonnet impérial à rideaux de perles, une tablette de cour entre les mains. Elle porte les insignes de son rang céleste, qui sont ceux d’une impératrice. Ses deux gardiens l’encadrent : Qianliyan, « Œil-de-mille-lieues », et Shunfeng’er, « Oreille-du-vent-favorable », deux démons qu’elle a vaincus et mis à son service, l’un scrutant l’horizon, l’autre écoutant le vent.

Le nom sous lequel on l’invoque, Mazu, signifie « aïeule maternelle ». C’est un nom de famille, non de cour, et il dit la proximité que ses fidèles ressentent avec elle.

Mythes principaux

Le récit fondateur est celui du sauvetage de sa famille. Un jour où son père et ses frères étaient en mer, Lin Moniang, assise à son métier à tisser, tomba en transe : son esprit était parti sur les vagues pour retenir les barques. Sa mère, la croyant malade, la secoua pour la réveiller. La jeune fille revint à elle, mais l’un des siens, qu’elle tenait encore, fut emporté. Selon les versions, c’est son père ou son frère qui périt.

Les chroniques rapportent ensuite ses interventions à travers les siècles : navires d’ambassade sauvés de la tempête, flottes impériales secourues. Les stèles laissées par l’amiral Zheng He au début du XVe siècle, avant ses expéditions vers l’océan Indien, lui rendent grâce de sa protection.

Culte et postérité

Le culte de Mazu suit les côtes et les routes maritimes. Du Fujian, il a gagné le Guangdong, Hainan, Hong Kong, où elle est Tin Hau, et Macao, où le temple d’A-Ma aurait donné son nom à la ville. Les émigrants l’ont emportée à Taïwan, où elle est la divinité la plus honorée de l’île, puis en Malaisie, à Singapour, au Vietnam, et jusque dans les quartiers chinois d’Amérique. Les pêcheurs, les marins et les marchands la prient avant de prendre la mer ; les familles la prient pour la santé et les enfants.

Son anniversaire, le vingt-troisième jour du troisième mois lunaire, donne lieu à de grandes fêtes. À Taïwan, le pèlerinage de la Mazu de Dajia, qui traverse l’ouest de l’île pendant neuf jours, rassemble des centaines de milliers de participants. Le temple ancestral de Meizhou, détruit pendant la Révolution culturelle et rebâti dans les années 1980, reçoit des délégations venues de tout le monde chinois. En 2009, l’UNESCO a inscrit les croyances et coutumes liées à Mazu au patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Pour aller plus loin

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Sources

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