Ces dieux

Nezha

Enfant guerrier aux roues de vent et de feu

Parler avec Nezha

Origines

Nezha vient de l’Inde par le bouddhisme. Meir Shahar a retracé son parcours : son nom transcrit celui de Nalakūbara, fils du dieu Kubera, que le bouddhisme connaît sous le nom de Vaiśravaṇa, roi céleste gardien du Nord. Les textes du bouddhisme tantrique traduits sous les Tang font de lui un jeune chef de troupes qui protège la Loi et combat les démons aux côtés de son père.

En Chine, Vaiśravaṇa, représenté une pagode à la main, a fini par se confondre avec un général historique des Tang, Li Jing. Le fils a suivi le père : Nezha est devenu le troisième fils de Li Jing, « le roi céleste porteur de pagode ». Les deux grands romans des Ming, L’Investiture des dieux et La Pérégrination vers l’Ouest, ont donné à son histoire la forme que tout le monde connaît aujourd’hui.

Attributs et symboles

Nezha est un enfant, ou un très jeune homme, aux cheveux noués en deux chignons. Il se tient debout sur deux roues de vent et de feu qui le portent à travers les airs. Il tient une lance à pointe de feu, porte au poignet ou à la main l’anneau de l’Univers, un cercle d’or qu’il lance sur ses adversaires, et autour du corps une écharpe de soie rouge capable de troubler les mers. Au combat, les romans lui donnent trois têtes et six bras, ou davantage.

Le lotus, dont son corps est fait, rappelle à la fois son origine bouddhique et sa seconde naissance.

Mythes principaux

L’Investiture des dieux raconte que l’épouse de Li Jing, commandant de la passe de Chentang, porta son troisième enfant trois ans et six mois, puis mit au monde une boule de chair. Li Jing la fendit d’un coup d’épée ; il en sortit un garçon déjà paré de l’anneau et de l’écharpe. L’immortel Taiyi le prit pour disciple.

À sept ans, Nezha se baigne dans la mer et agite son écharpe, ce qui ébranle le palais du roi-dragon de la mer de l’Est. Il tue l’émissaire envoyé contre lui, puis Ao Bing, troisième fils du roi-dragon, dont il arrache le tendon pour en faire une ceinture. Le roi-dragon menace de se venger sur ses parents. Pour ne pas les entraîner dans sa faute, Nezha se donne la mort en rendant sa chair et ses os à ceux qui les lui ont donnés.

Son esprit demande à sa mère de lui élever un temple ; Li Jing, furieux, brise la statue. Taiyi lui façonne alors un corps neuf avec des tiges et des feuilles de lotus et lui remet la lance et les roues. Nezha poursuit son père pour se venger, jusqu’à ce qu’un immortel donne à Li Jing une pagode magique qui contraint le fils à se soumettre. Réconciliés, père et fils combattent pour la dynastie des Zhou. Dans La Pérégrination vers l’Ouest, Nezha affronte Sun Wukong à la tête des troupes célestes. Shahar lit dans ce récit un conflit ouvert entre père et fils, rare dans une culture qui place la piété filiale au premier rang des vertus.

Culte et postérité

Nezha est un dieu très présent dans la religion populaire. À Taïwan, où on l’appelle le Troisième Prince ou le Maréchal de l’Autel central, il commande les armées d’esprits qui protègent le territoire d’un temple et de sa communauté. Il descend dans des médiums qui adoptent alors un comportement enfantin, et on lui offre des friandises et des jouets. Les chauffeurs professionnels se placent sous sa protection, à cause de ses roues. Dans les processions, des porteurs de grandes effigies du Troisième Prince dansent aujourd’hui sur de la musique électronique. Des temples lui sont consacrés au Sichuan, à Macao, à Hong Kong et en Asie du Sud-Est.

Le cinéma d’animation chinois a fait de son histoire plusieurs films à grand succès, du Prince Nezha triomphe du roi-dragon de 1979 aux productions récentes, qui ont fait connaître l’enfant aux roues de feu bien au-delà du monde chinois.

Sources

L’infolettre de Ces dieux

Les nouvelles fiches et les nouveautés du chat avec les dieux.

En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir par courriel les nouvelles de Ces dieux, envoyées par Milotche Media, Montréal (Québec), [email protected]. Vous pouvez vous désinscrire en tout temps grâce au lien présent dans chaque courriel.