Asclépios
Dieu de la médecine, fils d’Apollon
Origines
Asclépios est le fils d’Apollon, dieu guérisseur lui-même, et d’une mortelle. La version la plus connue est celle de Pindare, dans la troisième Pythique. Apollon aimait Coronis, fille de Phlégyas ; alors qu’elle portait son enfant, elle s’unit à un mortel, Ischys. Le dieu la fit périr, mais, au moment où le corps allait brûler sur le bûcher, il arracha l’enfant vivant du sein de sa mère.
Épidaure racontait l’histoire autrement. Coronis, venue dans le pays avec son père, y aurait accouché en secret et abandonné le nouveau-né sur une montagne. Une chèvre l’allaita, un chien le garda, et le berger qui le découvrit le vit entouré d’une lumière éclatante. Une autre tradition lui donne pour mère Arsinoé, fille de Leucippe.
H. J. Rose rappelle qu’Homère et Pindare parlent d’Asclépios comme d’un héros, non comme d’un dieu, et que la question de sa nature première, dieu ou mortel divinisé, était très débattue parmi les savants de son temps. Les textes le rattachent constamment à Trikka, en Thessalie.
Attributs et symboles
Son emblème est le bâton autour duquel s’enroule un serpent. Pierre Grimal y ajoute la pomme de pin, la couronne de laurier, et parfois la chèvre ou le chien, qui rappellent le récit d’Épidaure.
Autour de lui s’est formée une famille dont les noms disent la fonction. Son épouse est le plus souvent appelée Épioné. Ses filles sont Hygie, la Santé, Iaso, la Guérison, Panacée, celle qui remédie à tout, ainsi qu’Acéso et Aglaé. Un dieu enfant, Télesphore, était honoré à ses côtés. Ses deux fils, Podalire et Machaon, sont d’une autre trempe : ils combattent devant Troie dans l’Iliade, où ils servent de médecins à l’armée.
Mythes principaux
Apollon confia l’enfant au centaure Chiron, qui lui enseigna la médecine. L’élève y acquit une habileté sans égale. Selon une tradition, Athéna lui remit le sang de la Gorgone : celui du côté gauche était un poison, celui du côté droit un remède capable de rendre la vie.
Asclépios alla en effet jusqu’à ressusciter des morts. Les auteurs citent Capanée, Lycurgue, Glaucos fils de Minos, et surtout Hippolyte, qu’il aurait ranimé à la demande d’Artémis. Pindare dit seulement qu’il se laissa tenter par l’or. Zeus jugea que l’ordre du monde était menacé et le frappa de la foudre.
Apollon, ne pouvant s’en prendre à son père, tua les Cyclopes, qui avaient forgé l’arme. Il dut en expiation servir un an chez un mortel, le roi Admète de Phères. Asclépios fut quant à lui placé parmi les constellations. Des témoignages tardifs le font participer à la chasse de Calydon et à l’expédition des Argonautes, mais il reste d’ordinaire à l’écart des grands cycles légendaires.
Culte et postérité
Malgré cette mort, Asclépios fut honoré comme un dieu à l’époque historique. Le centre de son culte était Épidaure, dans le Péloponnèse, où florissait selon Grimal une école de médecine. L’art de guérir était exercé par les Asclépiades, qui se disaient ses descendants ; le plus célèbre d’entre eux est Hippocrate.
En 293 avant notre ère, Rome, frappée par une épidémie tenace, fit venir le dieu, dont le nom devint Aesculapius en latin, d’où le français Esculape. Il s’agit du même dieu adopté sous un nom adapté, plutôt que d’un rapprochement entre deux figures distinctes.
Le bâton d’Asclépios, avec son serpent unique, est resté l’emblème de la médecine. Il ne doit pas être confondu avec le caducée d’Hermès, qui porte deux serpents.