Ces dieux

Mythologie grecque

Grèce antique

Les dieux grecs sont les plus connus du monde occidental. On les rencontre dès l’école, dans les musées, au cinéma, jusque dans le nom des planètes et des marques. Cette familiarité cache une religion complexe, sans livre sacré ni clergé unique, qui a vécu plus de mille ans et varié d’une cité à l’autre.

Les récits qui nous les font connaître sont d’abord ceux de deux poètes du VIIIe siècle avant notre ère. Homère, dans l’Iliade et l’Odyssée, montre les dieux mêlés aux affaires des hommes, querelleurs et partiaux. Hésiode, dans la Théogonie, raconte leur naissance : le Chaos originel, Gaïa la Terre et Ouranos le Ciel, les Titans, puis la victoire de Zeus qui instaure l’ordre du monde. Ces poèmes ont donné aux Grecs une mythologie commune, mais chaque cité gardait ses propres versions et ses propres dieux favoris.

Au centre, les Olympiens, ainsi nommés parce qu’ils résident sur le mont Olympe : Zeus le roi, sa sœur et épouse Héra, ses frères Poséidon et Hadès, ses enfants Athéna, Apollon, Artémis, Arès, Hermès, Héphaïstos et Dionysos, et Aphrodite, née de la mer. On parle traditionnellement de douze Olympiens, mais la liste varie. Autour d’eux gravitent des centaines de divinités moindres : nymphes, fleuves, vents, Muses, Moires, et les héros, humains divinisés comme Héraclès.

La religion grecque était avant tout une affaire de pratique : sacrifices d’animaux, processions, concours athlétiques et théâtraux organisés en l’honneur d’un dieu. Chaque cité avait sa divinité protectrice, Athéna à Athènes, Héra à Argos, et ses fêtes. Certains sanctuaires réunissaient tous les Grecs : Delphes, où l’oracle d’Apollon répondait aux questions des cités, Olympie et ses jeux, Éleusis et ses mystères, dont les initiés attendaient un sort meilleur après la mort.

Rome a adopté ces dieux en les identifiant aux siens : Zeus est devenu Jupiter, Aphrodite Vénus, Arès Mars. C’est souvent sous leurs noms latins que la Renaissance les a redécouverts. Le christianisme a mis fin aux cultes entre le IVe et le VIe siècle, mais les mythes n’ont jamais cessé d’être lus, peints et réécrits.

Les historiens d’aujourd’hui, à la suite de Jean-Pierre Vernant, lisent ces mythes comme une manière pour les Grecs de penser le monde, la cité et la condition humaine, plutôt que comme des croyances naïves. Ce sont des récits sans dogme, ouverts, que chaque génération a pu retravailler, et que la nôtre continue de raconter.

Les divinités