Ces dieux

Bastet

Déesse chatte de Bubastis, protectrice du foyer

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Origines

Bastet est la déesse de Per-Bastet, « la demeure de Bastet », ville du Delta oriental que les Grecs ont appelée Bubastis et dont les ruines se trouvent à Tell Basta, près de l’actuelle Zagazig. Son nom figure sur des vases de pierre dès la IIe dynastie. Son sens reste discuté : certains chercheurs le rattachent au vase à onguent, bas, qui sert à l’écrire, et y lisent « celle du vase à onguent » ; ce n’est qu’une hypothèse.

À l’origine, Bastet est une lionne, comme beaucoup de déesses égyptiennes dites « filles de Rê ». Les Textes des pyramides l’invoquent comme mère et nourrice du roi. La forme de chatte, qui a fait sa célébrité, ne s’impose qu’au Ier millénaire avant notre ère, à mesure que le chat domestique prend place dans les maisons égyptiennes. Elle est donnée pour mère du dieu lion Mahès.

Attributs et symboles

Les monuments anciens montrent Bastet en femme à tête de lionne, qu’on ne distingue de Sekhmet que par l’inscription. À la Basse Époque, elle est une femme à tête de chatte, vêtue d’une longue robe ornée, qui tient un sistre, une égide à tête de lionne et parfois un petit panier ; des chatons sont souvent assis à ses pieds. Des milliers de statuettes de bronze la figurent aussi en chatte assise, parée de boucles d’oreilles et d’un collier. Le sistre la rapproche d’Hathor, déesse de la musique et de la joie.

Mythes principaux

Aucun récit suivi ne nous est parvenu sur Bastet. Elle appartient au groupe des déesses qui sont l’Œil de Rê, puissance à la fois protectrice et dangereuse du soleil. Les textes égyptiens l’opposent volontiers à Sekhmet comme les deux faces d’une même nature : la lionne en colère et la chatte apaisée. Ce couple fait écho au mythe de la Lointaine, où la déesse furieuse revient calmée en Égypte. Erik Hornung rappelle que de telles associations ne fondent pas les deux déesses en une seule : chacune garde son nom, sa ville et son culte.

Les auteurs grecs donnent une autre généalogie. Hérodote fait de « Boubastis » la fille d’Osiris et d’Isis et la sœur d’Horus, et l’identifie à Artémis, comme il identifie Horus à Apollon. Ce rapprochement transpose la fratrie grecque d’Apollon et d’Artémis ; il ne correspond pas à la tradition égyptienne, où Bastet est fille du soleil.

Culte et postérité

Bubastis connaît son apogée sous la XXIIe dynastie, d’origine libyenne, qui en est issue : Osorkon II y fait bâtir une grande salle de fête. Hérodote, qui visite l’Égypte au Ve siècle avant notre ère, décrit le temple, situé en contrebas de la ville et entouré de canaux bordés d’arbres, comme le plus agréable à voir du pays. Il raconte aussi la fête annuelle : hommes et femmes y arrivent par bateaux entiers, au son des flûtes et des crotales, et l’on y boit, dit-il, plus de vin que pendant tout le reste de l’année ; il avance le chiffre de sept cent mille pèlerins, qu’il faut prendre avec prudence.

Le même auteur rapporte que les Égyptiens se rasaient les sourcils à la mort du chat de la maison et faisaient embaumer l’animal pour l’enterrer à Bubastis. L’archéologie a confirmé l’existence d’immenses nécropoles de chats momifiés, à Bubastis comme à Saqqarah ; à la Basse Époque, ces animaux étaient élevés pour être offerts à la déesse par les pèlerins.

Champollion, dans son Panthéon égyptien, ne connaît encore la déesse que par les Grecs : il parle de « Bubastis », fille d’Osiris et d’Isis, et de la « Diane égyptienne ». Les fouilles de Tell Basta, à la fin du XIXe siècle, ont rendu à Bastet son temple. Elle est aujourd’hui l’une des divinités égyptiennes les plus familières du grand public, grâce aux chattes de bronze conservées dans les musées.

Figures apparentées dans d’autres panthéons

  • Artémis — Déesse de la chasse et de la nature sauvage (Mythologie grecque)

Pour aller plus loin

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Sources

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