Ces dieux

Artémis

Déesse de la chasse et de la nature sauvage

Origines

Artémis est la fille de Zeus et de Léto, née, selon la tradition la plus courante, sur l’île de Délos, juste avant son frère jumeau Apollon, qu’elle aurait aidé sa mère à mettre au monde. Cette naissance explique l’un de ses rôles les plus anciens : la déesse vierge est aussi celle qui veille sur les femmes en couches, et l’on vouait à Artémis les vêtements des accouchées.

Le poète Callimaque, dans son Hymne à Artémis, la montre enfant sur les genoux de Zeus, demandant à son père de rester vierge à jamais, de recevoir un arc et des flèches, une escorte de nymphes, et toutes les montagnes pour domaine. Le tableau résume la déesse : une puissance des marges, des forêts et des bêtes, qui se tient à l’écart des villes et des hommes. Homère l’appelle « maîtresse des animaux », une formule qui rappelle les déesses bien plus anciennes de la Méditerranée.

Attributs et symboles

On la représente en jeune fille vêtue d’une tunique courte, chaussée pour la course, l’arc à la main et le carquois à l’épaule, accompagnée d’une biche ou d’un chien. La torche qu’elle tient sur certaines images rappelle ses fêtes nocturnes. L’ourse est liée à ses rites en Attique, le cerf et la biche à ses mythes. Le croissant de lune n’apparaît que tardivement, quand on l’a rapprochée de Séléné, comme Apollon du Soleil.

Ses flèches sont ambivalentes. Dans l’Iliade, Héra lui reproche que Zeus ait fait d’elle « un lion pour les femmes », libre de tuer celle qu’elle veut : la mort subite d’une femme est un trait d’Artémis, comme celle d’un homme vient d’Apollon. Elle protège les petits des animaux et la jeunesse des humains, mais elle exige en échange une réserve absolue.

Mythes principaux

Ceux qui violent cette réserve meurent. Le chasseur Actéon, qui l’avait surprise au bain, fut changé en cerf et dévoré par ses propres chiens. Sa compagne Callisto, séduite par Zeus, fut chassée de son cortège et changée en ourse. Avec Apollon, elle tua les filles de Niobé. Dans l’Odyssée, c’est elle qui abattit le géant Orion. Quand le roi Œnée de Calydon oublia de lui sacrifier, elle envoya contre son pays un sanglier monstrueux que Méléagre dut chasser.

Le récit le plus lourd de conséquences est celui d’Iphigénie. À Aulis, où la flotte grecque attendait de partir pour Troie, Agamemnon offensa Artémis, et la déesse retint les vents. Le devin Calchas déclara qu’il fallait lui sacrifier la fille du roi, Iphigénie. Selon plusieurs versions, dont celle d’Euripide, Artémis substitua une biche à la jeune fille au dernier moment et l’emporta chez les Taures pour en faire sa prêtresse. Euripide la montre aussi, dans Hippolyte, en protectrice du jeune chasseur qui lui avait voué sa chasteté.

Culte et postérité

Son culte était l’un des plus répandus de Grèce, souvent aux frontières des cités. À Brauron, en Attique, des fillettes vêtues de safran « jouaient l’ourse » pour elle avant l’âge du mariage. À Sparte, Pausanias décrit devant l’autel d’Artémis Orthia la flagellation rituelle des jeunes gens. À Éphèse, en Asie Mineure, son temple immense comptait parmi les sept merveilles du monde, et son image aux nombreuses protubérances sur la poitrine, souvent lues comme des seins, montre une déesse orientale que les Grecs avaient reconnue comme leur Artémis. Les Actes des Apôtres rapportent les cris de la foule d’Éphèse contre Paul : « Grande est l’Artémis des Éphésiens ! »

Rome l’a identifiée à Diane, déesse des bois du lac de Nemi. Sous ce nom, elle est devenue dans l’art européen la chasseresse au croissant, et son refus des hommes a inspiré une longue postérité, des tragédies classiques aux relectures contemporaines.

Figures apparentées dans d’autres panthéons

  • Diane — Déesse des bois, de la chasse et de la lune (Mythologie romaine)

Pour aller plus loin

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Sources

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