Ces dieux

Hathor

Déesse de l’amour, de la musique et de la joie

Origines

Hathor est l’une des grandes déesses de l’Égypte depuis l’Ancien Empire. Son nom, Hout-Hor, signifie « la demeure d’Horus » : elle est le ciel dans lequel vole le faucon, et la mère ou l’épouse du dieu, selon les textes. Sous les traits d’une vache, elle est le ciel lui-même, qui porte les étoiles sur son ventre et allaite le roi. Les rois de l’Ancien Empire se disent ses fils, et les triades de Mykérinos conservées au Caire et à Boston montrent le roi entre Hathor et une déesse de province.

Son centre principal est Dendérah, en Haute-Égypte, où son culte est attesté dès l’Ancien Empire ; mais elle est aussi honorée à Memphis, à Deir el-Bahari en face de Thèbes, dans les mines de turquoise du Sinaï, où elle est « la dame de la turquoise », et jusqu’à Byblos, sur la côte libanaise.

Attributs et symboles

Hathor est représentée comme une vache, comme une femme coiffée des cornes de vache enserrant le disque solaire, ou comme un visage de face aux oreilles de vache, forme rare dans l’art égyptien qui orne les chapiteaux des colonnes de ses temples. Ses instruments sont le sistre, dont on secoue les tiges métalliques pour l’apaiser, et le collier menat, dont le contrepoids sert de hochet rituel. On l’appelle « la Dorée ». Elle est la déesse de l’amour, de la beauté, de la danse, de la musique et de l’ivresse ; les chants d’amour du Nouvel Empire l’invoquent.

Elle est aussi la « dame de l’Occident », la déesse de la montagne thébaine qui accueille les morts ; sous la forme d’un sycomore, elle leur offre l’eau et l’ombre. Les Sept Hathors, enfin, prédisent le destin de chaque nouveau-né.

Mythes principaux

Le Livre de la Vache du Ciel raconte sa colère. Rê, vieilli, envoie son Œil, qui est Hathor, punir les hommes ; elle devient la lionne Sekhmet et se plonge dans le massacre avec joie. Pour arrêter le carnage, Rê fait teindre en rouge des milliers de cruches de bière et les fait répandre sur les champs ; Hathor boit ce qu’elle croit être du sang, s’enivre et oublie de tuer. Les fêtes de l’ivresse en son honneur commémorent cet épisode.

Un autre cycle, celui de la Lointaine, raconte que l’Œil de Rê, fâché, s’enfuit en Nubie sous forme de lionne et qu’un dieu, Thot ou Shou, doit aller le chercher pour le ramener en Égypte, où la déesse apaisée redevient Hathor. Christiane Desroches Noblecourt a montré comment ce récit, lié au retour de la crue, structure toute une partie du symbolisme égyptien. Dans le procès d’Horus et de Seth, c’est elle qui, en se dévoilant devant son père Rê boudeur, le fait rire et le ramène au tribunal.

Culte et postérité

Le temple de Dendérah, reconstruit sous les Ptolémées et achevé sous les empereurs romains, est l’un des mieux conservés d’Égypte ; ses plafonds astronomiques ont été nettoyés et restaurés au XXIe siècle. Chaque année, la statue d’Hathor remontait le fleuve en barque jusqu’à Edfou pour y rejoindre Horus, lors de la fête de la Belle Réunion. À Deir el-Bahari, Hatshepsout lui consacra une chapelle, et la vache Hathor sortant de la montagne y protège la souveraine.

Les Grecs l’identifièrent à Aphrodite, et plusieurs villes où elle était honorée reçurent d’eux le nom d’Aphroditopolis. Le mois d’Athyr du calendrier copte garde encore son nom. Plus tard, Isis a repris sa coiffure et une part de ses fonctions, au point d’éclipser la déesse dont elle avait hérité.

Figures apparentées dans d’autres panthéons

  • Aphrodite — Déesse de l’amour, de la beauté et du désir (Mythologie grecque)

Pour aller plus loin

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Sources

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