Ces dieux

Horus

Dieu faucon du ciel et de la royauté, fils d’Osiris

Origines

Horus est l’un des plus anciens dieux d’Égypte. Le faucon apparaît sur les monuments royaux dès avant les premières dynasties, à Hiérakonpolis (Nekhen), la « ville du faucon », en Haute-Égypte. Son nom, Hor, signifie sans doute « le lointain », celui qui plane haut dans le ciel. Dès le début de l’histoire pharaonique, le premier nom de la titulature royale, écrit dans un rectangle qui représente la façade du palais, est le « nom d’Horus » : le roi est le dieu faucon incarné sur terre.

Sous ce nom se rangent en réalité plusieurs figures que les Égyptiens eux-mêmes distinguaient : Horus l’Ancien (Haroéris), dieu du ciel dont les yeux sont le soleil et la lune ; Horakhty, « Horus de l’horizon », forme solaire unie à Rê ; Horus fils d’Isis (Harsiésis), l’enfant du mythe osirien ; Horus l’enfant (Harpocrate), figuré le doigt à la bouche. Erik Hornung y voit un exemple de la manière dont une divinité égyptienne peut être à la fois une et multiple.

Attributs et symboles

Horus est un faucon ou un homme à tête de faucon, souvent coiffé de la double couronne de Haute et de Basse-Égypte, signe qu’il règne sur le pays réunifié. L’œil oudjat, « l’œil intact », représente son œil blessé par Seth puis guéri par Thot ; c’est l’une des amulettes les plus répandues d’Égypte, symbole de plénitude et de protection. Le faucon aux ailes déployées plane au-dessus du roi sur les reliefs des temples. Les quatre fils d’Horus, Amset, Hâpi, Douamoutef et Qébehsénouf, protègent les viscères du défunt dans les vases canopes.

Mythes principaux

Le grand récit d’Horus est celui de sa lutte contre Seth pour l’héritage d’Osiris. Le papyrus Chester Beatty I, écrit sous les Ramessides, en donne une version longue et parfois comique : le procès dure quatre-vingts ans devant le tribunal des dieux ; Isis, par ruse, fait reconnaître à Seth qu’un fils doit hériter de son père ; les deux rivaux s’affrontent en hippopotames, puis Seth tente de souiller Horus, qui retourne la ruse contre lui grâce à sa mère. Horus est finalement reconnu roi d’Égypte, et Seth reçoit une place dans la barque de Rê.

Au cours du combat, Seth arrache un œil à Horus, et Horus émascule Seth. L’œil guéri devient l’offrande par excellence : présenter l’oudjat à un dieu, c’est lui rendre ce qui lui manque. Au temple d’Edfou, Horus, sous la forme d’un disque ailé, chasse les ennemis de Rê qui se sont changés en crocodiles et en hippopotames.

Culte et postérité

Horus fut honoré dans toute l’Égypte, mais le temple ptolémaïque d’Edfou, le mieux conservé du pays, reste son sanctuaire le plus célèbre ; ses murs portent les textes du drame rituel de sa victoire. À Kôm Ombo, il partage un temple double avec le crocodile Sobek. Tous les ans, la statue d’Hathor de Dendérah remontait le Nil pour le rejoindre à Edfou.

À la Basse Époque, les stèles d’Horus sur les crocodiles, où l’enfant dieu écrase serpents et scorpions, servaient à préparer de l’eau guérisseuse. Les Grecs identifièrent Horus à Apollon, comme le rapporte Hérodote, et nommèrent Edfou Apollinopolis. Harpocrate, l’enfant au doigt sur les lèvres, devint dans le monde romain le dieu du silence, contresens sur un geste qui signifiait seulement l’enfance.

Figures apparentées dans d’autres panthéons

  • Apollon — Dieu de la lumière, des oracles et de la musique (Mythologie grecque)

Pour aller plus loin

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Sources

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