Ces dieux

Pluton

Dieu des Enfers et des richesses du sous-sol

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Origines

Pluton n’est pas un dieu romain d’origine. H. J. Rose le dit sans détour : les Romains n’avaient pas de dieu de la mort, ou l’avaient oublié ; ils ont donc repris le nom grec Ploutôn, ou l’ont traduit. Ploutôn, « le Riche », est lui-même un titre rituel d’Hadès, rappelle Pierre Grimal, parce que le sol est la source de toute richesse. Son calque latin est Dis, forme contractée de dives, « riche », d’où Dis Pater.

Cicéron donne l’explication dans son traité De la nature des dieux : toute la puissance de la terre est consacrée à Dis Pater, qui est « le Riche » comme le Pluton des Grecs, parce que tout retourne à la terre et que tout en sort. Grimal note que Dis Pater fut très tôt identifié à Pluton. Les Latins disaient aussi Orcus : dans la croyance populaire, précise Grimal, c’était l’esprit qui préside à la mort, peu à peu confondu avec Pluton.

Attributs et symboles

Les Romains n’ont pas inventé d’image propre à leur dieu des morts. Rose observe qu’Hadès lui-même était rarement représenté et que ses traits diffèrent peu de ceux de Zeus. Les poètes latins lui donnent un sceptre, un trône, un char attelé de chevaux noirs et le chien Cerbère pour gardien de son seuil.

Virgile, au sixième livre de l’Énéide, décrit sa demeure : la porte du sombre Dis est ouverte nuit et jour, dit la Sibylle à Énée, et c’est d’en revenir qui est difficile. Le héros doit cueillir un rameau d’or, présent réservé à Proserpine, avant de franchir le fleuve des morts.

Mythes principaux

Le seul grand récit est emprunté à la Grèce : l’enlèvement de Proserpine. Ovide le place, au cinquième livre des Métamorphoses, en Sicile. Vénus, voyant que le roi des ombres échappe seul à son pouvoir, ordonne à Cupidon de le frapper d’une flèche ; Dis aperçoit Proserpine cueillant des fleurs près de Henna, l’emporte sur son char et s’ouvre un passage à travers la terre. Rose souligne que Rome n’a rien ajouté à cette mythologie.

Une légende proprement romaine explique en revanche la fondation de son culte. Grimal la résume : les enfants d’un certain Valerius étant malades, les dieux lui ordonnent de descendre le Tibre jusqu’à « Tarentum » et de leur faire boire l’eau de l’autel de Dis et de Proserpine. Il croit devoir gagner Tarente, mais apprend, à sa première halte, qu’un lieu du bord du fleuve porte ce nom. Les enfants guérissent ; en creusant pour élever un autel, Valerius en découvre un, déjà dédié aux deux divinités.

Culte et postérité

Ce lieu, le Tarentum, se trouvait à l’extrémité du Champ de Mars. Le culte de Dis Pater et de Proserpine y fut officiellement établi au milieu du IIIe siècle avant notre ère, pendant la première guerre punique, la tradition retenant l’année 249 ; on y célébra des jeux en leur honneur, les jeux Tarentins. En dehors de cet autel, Dis Pater n’a guère de place dans la religion publique : comme Hadès en Grèce, c’est un dieu que l’on nomme peu et que l’on ne sollicite pas.

Son nom a servi à désigner des dieux étrangers. César écrit que les Gaulois se disent tous issus de Dis Pater, selon l’enseignement des druides, et qu’ils comptent pour cette raison le temps par nuits : il recouvre d’un nom romain un dieu gaulois qu’il ne nomme pas.

La littérature a fixé l’image. Les Enfers de Virgile ont servi de modèle à ceux de Dante, où Dité désigne la cité infernale. Hadès est l’équivalent grec de Pluton, et ici l’emprunt est presque complet ; seul l’autel du Tarentum appartient en propre à Rome.

Figures apparentées dans d’autres panthéons

  • Hadès — Dieu des morts et souverain du monde souterrain (Mythologie grecque)

Pour aller plus loin

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Sources

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