Ces dieux

Hadès

Dieu des morts et souverain du monde souterrain

Origines

Hadès est le fils de Cronos et de Rhéa, frère aîné de Zeus et de Poséidon. Avalé par son père, puis délivré, il prit part à la guerre contre les Titans. Lors du partage du monde entre les trois frères, le sort lui donna le royaume souterrain, les ténèbres brumeuses, comme le rappelle Poséidon dans l’Iliade. Il n’habite pas l’Olympe et ne se mêle guère aux affaires des vivants ; c’est pourquoi on le compte rarement parmi les douze Olympiens.

Les Grecs évitaient de prononcer son nom, de crainte d’attirer son attention. Ils l’appelaient Plouton, « le Riche », parce que les richesses de la terre, les métaux et les moissons, viennent d’en bas ; l’Iliade l’appelle « Zeus souterrain », et l’Hymne homérique à Déméter le nomme « celui qui reçoit beaucoup ». Le mot Hadès a fini par désigner son royaume autant que lui-même.

Attributs et symboles

Son bien le plus fameux est le casque d’invisibilité, forgé par les Cyclopes, qui rend invisible celui qui le porte ; dans l’Iliade, Athéna le coiffe pour se dérober au regard d’Arès, et Persée s’en sert pour échapper aux Gorgones. On le représente assis sur un trône, sceptre en main, barbu et grave, souvent avec Cerbère à ses pieds. Hésiode fait de ce chien un monstre à cinquante têtes ; la tradition ultérieure lui en donne trois. Il garde la porte du royaume, laissant entrer les morts et leur interdisant de sortir.

Comme Plouton, il tient une corne d’abondance. Le cyprès, le narcisse et l’asphodèle, dont l’Odyssée décrit la prairie où errent les ombres, lui sont associés. Son royaume est traversé de fleuves : le Styx, par lequel jurent les dieux, l’Achéron, le Cocyte, et le Léthé de l’oubli.

Mythes principaux

Son mythe central est l’enlèvement de Perséphone, raconté dans l’Hymne homérique à Déméter. Tandis que la jeune fille cueillait des fleurs, la terre s’ouvrit et Hadès l’emporta sur son char, avec l’accord de Zeus. Déméter, sa mère, chercha sa fille neuf jours durant, puis, en deuil, cessa de faire pousser les récoltes. Zeus dut céder. Mais Hadès avait fait manger à Perséphone un grain de grenade, ce qui la liait à lui : elle passerait désormais un tiers de l’année sous terre, aux côtés de son époux, et le reste avec sa mère. Les Grecs y lisaient le cycle des saisons et de la semence enfouie.

Hadès est rarement vaincu, mais Héraclès y parvint : envoyé chercher Cerbère, il descendit aux Enfers, en ramena le chien avec l’accord du dieu, et l’Iliade rappelle qu’il blessa Hadès d’une flèche « parmi les morts, à Pylos », le forçant à monter sur l’Olympe pour se faire soigner. Thésée et Pirithoos, venus enlever Perséphone, furent au contraire retenus sur un siège de pierre. Le récit d’Orphée, qui obtint de ramener Eurydice à condition de ne pas se retourner, est connu surtout par les poètes latins.

Culte et postérité

Hadès n’a presque pas eu de temples, car on ne priait pas le dieu des morts : on le craignait. Pausanias signale une exception à Élis, où son sanctuaire n’était ouvert qu’un jour par an. Sous le nom de Plouton, associé à Déméter et à Perséphone, il avait sa place dans les mystères d’Éleusis, dont les initiés espéraient un sort meilleur dans l’au-delà. On l’invoquait aussi en frappant le sol de la main.

Rome l’a appelé Pluton ou Dis Pater. Son royaume, plus que sa personne, a nourri l’imaginaire occidental : la descente d’Énée chez Virgile, l’Enfer de Dante, et jusqu’aux représentations modernes qui, à tort, font de lui un dieu du mal. Les Grecs voyaient en lui un souverain inflexible, mais juste, qui ne réclame que ce qui lui revient.

Pour aller plus loin

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Sources

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