Ces dieux

Vesta

Déesse du foyer et du feu sacré de Rome

Parler avec Vesta

Origines

Vesta est le foyer divinisé. H. J. Rose y voit le seul cas où l’équivalence entre une divinité grecque et une divinité romaine soit pleinement exacte : Vesta et Hestia portent le même nom et sont la même puissance, héritée d’un passé commun et non empruntée. Pour Rose, la Vesta publique fut d’abord l’esprit du foyer du roi, devenu, quand la cité grandit, le foyer de l’État.

Les Romains attribuaient la fondation de son culte tantôt à Romulus, tantôt à Numa ; Tite-Live dit que Numa institua les Vestales, sacerdoce venu d’Albe. Pierre Grimal relève que le temple se trouvait au Forum, hors de la ville palatine attribuée à Romulus. Cicéron note qu’on nommait Vesta en dernier dans les prières, comme Janus en premier.

Attributs et symboles

Vesta n’avait pas d’image dans son sanctuaire. Ovide l’affirme au sixième livre des Fastes : il ne faut y voir que la flamme vivante, et ni Vesta ni le feu n’ont de statue. Son temple était rond, comme les plus anciennes cabanes du Latium, observe Grimal. Georges Dumézil a insisté sur cette forme : les autres sanctuaires romains sont des espaces quadrangulaires orientés d’après le ciel, tandis que la maison ronde de Vesta figure le foyer de la terre.

Au fond du temple, une réserve interdite aux hommes, le penus Vestae, renfermait des objets sacrés, parmi lesquels, disait-on, le Palladium rapporté de Troie. L’animal de Vesta est l’âne, qui tournait la meule des boulangers.

Mythes principaux

Vesta n’a presque pas de mythes. Le seul récit qui la concerne est celui d’Ovide : Priape s’approche de la déesse endormie, mais l’âne de Silène se met à braire et la réveille. Grimal le tient pour une invention hellénistique, et Rose remarque qu’Ovide raconte ailleurs la même histoire à propos de la nymphe Lotis.

Les légendes s’attachent plutôt à ses prêtresses et à son feu. La Vestale Aemilia, accusée d’avoir laissé s’éteindre la flamme, jette un pan de sa robe sur les cendres froides, qui se rallument. Tuccia, soupçonnée d’avoir manqué à sa chasteté, se justifie en portant de l’eau du Tibre dans un crible. En 241 avant notre ère, le grand pontife Caecilius Metellus entre dans le temple en flammes pour sauver les objets sacrés et y perd la vue.

Culte et postérité

Le culte était placé sous l’autorité du grand pontife. Six Vestales entretenaient le feu. Elles étaient « prises » par le grand pontife entre six et dix ans, précise Aulu-Gelle, et devaient rester vierges pendant leur service, qui durait trente ans. Elles préparaient aussi la farine salée dont on saupoudrait les victimes de tous les sacrifices publics. Jean Humbert résume les honneurs qui les entouraient : les magistrats leur cédaient le pas et leur parole valait serment.

Si le feu s’éteignait, la Vestale responsable était fouettée par le grand pontife, comme Tite-Live le rapporte pour l’année 206, et la flamme était rallumée par frottement de bois. La Vestale convaincue d’avoir rompu son vœu était enterrée vivante près de la porte Colline ; Tite-Live cite un cas après la défaite de Cannes. Le feu était renouvelé chaque 1er mars.

Les Vestalia tombaient le 9 juin. Les matrones venaient pieds nus au temple ; les boulangers chômaient, et les ânes, couronnés de fleurs et de pains, se reposaient. Le 15 juin, on balayait le sanctuaire et l’on portait les ordures au Tibre.

Le mot « vestale » est passé dans la langue pour désigner une femme d’une chasteté sans faille.

Figures apparentées dans d’autres panthéons

  • Hestia — Déesse du foyer domestique et du feu de la cité (Mythologie grecque)

Pour aller plus loin

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Sources

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