Ces dieux

Vulcain

Dieu du feu destructeur et, par assimilation, de la forge

Origines

Vulcain (Volcanus) appartient à la couche la plus ancienne de la religion romaine. Il a son flamine, le flamen Volcanalis, sa fête au vieux calendrier, les Volcanalia du 23 août, et son autel, le Volcanal, au pied du Capitole, à la limite du Forum et du Comitium : un des lieux de culte les plus anciens de la Ville, où Tite-Live situe déjà des assemblées sous les rois. L’origine de son nom est obscure ; on l’a rapproché de dieux étrusques ou méditerranéens, sans certitude.

Le Vulcain romain n’est pas d’abord un forgeron. C’est le feu dans ce qu’il a de violent : l’incendie, la flamme qui menace les récoltes sèches de la fin de l’été, le feu qui consume ce qu’on lui jette. Georges Dumézil le compte parmi les dieux dont on se protège plutôt qu’on ne les sollicite. Vitruve recommande d’élever ses temples hors des murs, afin que la Ville soit préservée des incendies ; de fait, son temple se trouvait au Champ de Mars.

Attributs et symboles

Sous l’influence d’Héphaïstos, Vulcain reçoit l’outillage du forgeron : marteau, tenailles, enclume, et le bonnet d’artisan, le pileus. Les poètes le disent boiteux et établi sous l’Etna ou dans les îles Lipari, où les Cyclopes lui servent d’ouvriers. Le surnom de Mulciber, « qui adoucit », est expliqué par les Anciens comme l’action du feu qui amollit le métal.

Dans les rites pontificaux, sa compagne n’est pas Vénus mais Maia, à qui son flamine sacrifiait aux calendes de mai, comme le rapportent Aulu-Gelle et Macrobe. Le couple Vulcain-Vénus, si présent chez les poètes, est un emprunt grec.

Mythes principaux

Les Romains lui prêtent quelques fils propres au Latium. Cacus, monstre qui crache des flammes, vivait dans une caverne de l’Aventin et vola les bœufs d’Hercule ; le héros le tua, et c’est Évandre qui raconte ce combat à Énée au huitième chant de l’Énéide. Caeculus, fondateur de Préneste, serait né d’une étincelle tombée dans le sein de sa mère ; Ovide, dans les Fastes, fait de même de Vulcain le père du roi Servius Tullius, conçu d’une flamme surgie du foyer.

Le grand mythe romain de Vulcain est aussi dans l’Énéide. Vénus vient le trouver et lui demande des armes pour Énée ; le dieu, vaincu par ses caresses, descend à sa forge, réveille les Cyclopes et fait fabriquer le bouclier sur lequel il grave l’histoire à venir de Rome, de la louve à la bataille d’Actium. Virgile imite ici le bouclier d’Achille, mais en fait une prophétie politique. Ovide reprend par ailleurs, sous les noms latins, les récits grecs : le filet qui prend Mars et Vénus en flagrant délit, ou le char du Soleil sorti de son atelier.

Culte et postérité

Aux Volcanalia, le 23 août, on allumait des feux et l’on y jetait de petits poissons vivants, pêchés dans le Tibre, « pour soi-même », dit Varron : une vie donnée au feu en échange de la vie des hommes. Selon Pline l’Ancien, on commençait ce jour-là à travailler à la lumière des lampes. Le 23 mai, le Tubilustrium, purification des trompettes, était aussi consacré à Vulcain selon Ovide, qui lui attribue la fabrication de ces instruments.

Le Volcanal recevait des offrandes de guerre : Tite-Live raconte que Tarquin l’Ancien, après une victoire sur les Sabins, y fit brûler les armes prises à l’ennemi, comme il l’avait voué. Sous l’Empire, le dieu resta le protecteur contre les incendies : Domitien fit dresser dans les quartiers de Rome des autels à Vulcain, avec un sacrifice annuel le jour des Volcanalia, en mémoire du grand incendie de Néron.

Son nom est resté celui du feu souterrain : « volcan » vient de Vulcain, par l’île de Vulcano, dans les Lipari, où l’on situait sa forge. Héphaïstos est son parent grec, à qui il doit ses mythes et son image d’artisan ; le fond romain, celui d’un feu qu’on apaise, ne lui doit rien.

Pour aller plus loin

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Sources

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