Ces dieux

Nana Buruku

Orisha très ancienne des eaux dormantes et de la boue

Parler avec Nana Buruku

Origines

Nana Buruku n’est pas une divinité proprement yoruba. Pierre Verger, qui a suivi son culte de sanctuaire en sanctuaire, montre qu’il s’étend sur une vaste zone, de l’actuel Ghana au Nigeria en passant par le Togo et le Bénin, et qu’il est venu de l’ouest. Le mot nana est, dans plusieurs langues de cette région, un titre de respect donné aux personnes âgées. En pays yoruba, elle est honorée surtout dans les régions occidentales, vers Ketu, Sabe et Abeokuta.

Sa place change selon les peuples. Chez les Fon, Melville Herskovits a recueilli des récits où Nana Buluku est l’être premier, à la fois mâle et femelle, qui a engendré le couple créateur Mawu et Lisa. Chez les Yoruba, elle est une orisha parmi d’autres, mais toujours tenue pour l’une des plus anciennes. Les fidèles la décrivent comme une très vieille femme.

Attributs et symboles

Son domaine est celui des eaux immobiles : marais, fonds des lagunes, sources, et la boue où la terre et l’eau se mêlent. Elle est liée à la fois à la naissance et à la mort, la boue étant la matière d’où vient le corps et où il retourne.

Son emblème est l’ibiri, un faisceau de nervures de palme recourbé en boucle, gainé de cuir ou d’étoffe et orné de cauris. Robert Farris Thompson et Juana Elbein dos Santos le rapprochent du balai d’Obaluaye, fait de la même matière. Au Brésil, la fidèle en transe le tient contre elle et le berce comme un enfant.

Le trait le plus remarquable de son culte est l’interdit du métal : les animaux qui lui sont offerts ne doivent pas être sacrifiés avec un couteau de fer. Certains chercheurs y voient le signe d’un culte plus ancien que la métallurgie ; d’autres jugent cette lecture impossible à prouver.

Mythes principaux

Les pratiquants expliquent l’interdit du fer par une querelle. Selon les récits du candomblé recueillis par Reginaldo Prandi, Nana refusa de reconnaître la prééminence d’Ogun, maître du fer, sans qui aucun sacrifice ne peut se faire, et jura de se passer de lui. Depuis, on la sert avec des lames de bois ou de bambou.

Un autre récit brésilien lui donne un rôle dans la création de l’être humain. Oxalá cherchait une matière pour le façonner : l’air, le bois, la pierre, le feu, l’eau, rien ne convenait. Nana lui offrit la boue du fond de sa lagune, à condition qu’elle lui soit rendue. C’est pourquoi, disent les fidèles, le corps retourne à la terre après la mort.

Les maisons de candomblé en font la mère d’Obaluaye, qu’elle abandonne à sa naissance parce qu’il est couvert de plaies, et d’Oshumare, le serpent arc-en-ciel.

Culte et postérité

En Afrique de l’Ouest, Verger décrit des temples de Nana Buruku dispersés le long d’anciennes routes, notamment dans la région de Dassa-Zoumé, au Bénin. Ses fidèles portent des colliers de cauris et un bâton, et leur culte reste distinct de celui des autres orishas.

Au Brésil, Nanã est considérée comme la plus âgée des orishas des eaux et traitée avec une déférence particulière. Sa danse est lente et courbée, comme la marche d’une aïeule. Ses couleurs sont le blanc et le bleu sombre, ou le violet selon les maisons. Les fidèles l’associent à sainte Anne, la grand-mère du Christ, usage né à Bahia à l’époque coloniale. À Cuba, Naná Burukú appartient surtout à la tradition arará, d’origine dahoméenne ; elle y est liée à Babalú Ayé, et l’interdit du couteau de métal y est également observé.

Pour aller plus loin

Liens affiliés : en tant que Partenaire Amazon, Ces dieux réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Sources

L’infolettre de Ces dieux

Les nouvelles fiches et les nouveautés du chat avec les dieux.

En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir par courriel les nouvelles de Ces dieux, envoyées par Milotche Media, Montréal (Québec), [email protected]. Vous pouvez vous désinscrire en tout temps grâce au lien présent dans chaque courriel.