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Oba

Orisha de la rivière Oba, première épouse de Shango

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Origines

Oba est l’orisha de la rivière Oba, un affluent de l’Osun qui coule dans le sud-ouest du Nigeria. Comme Oya et Oshun, elle est à la fois une rivière et une épouse de Shango, l’orisha de la foudre et ancien roi d’Oyo. Samuel Johnson, dans son histoire des Yoruba, nomme ces trois épouses ensemble et rappelle que chacune a donné son nom à un cours d’eau. Les récits font généralement d’Oba la première épouse, la plus âgée et la moins aimée.

Son culte est moins documenté que celui des deux autres. Pierre Verger lui consacre quelques pages et constate qu’elle est surtout connue par les récits qui l’opposent à Oshun.

Attributs et symboles

Oba est une guerrière. Verger la décrit comme une orisha énergique et physiquement forte, plus robuste, disent certains récits, que bien des orishas masculins. Dans le candomblé du Brésil, elle porte un sabre et un bouclier, et parfois un arc. Lorsqu’elle se manifeste chez une fidèle, celle-ci danse en tenant une main ou le bouclier contre le côté de sa tête, ou porte un turban qui lui couvre l’oreille, en souvenir du récit qui l’a rendue célèbre.

Les pratiquants reconnaissent en elle la fidélité blessée et la dignité de l’épouse délaissée, mais aussi une force de caractère qui ne plie pas.

Mythes principaux

Le récit central, rapporté par Verger, met en scène la rivalité des épouses. Oba, voyant que Shango lui préférait Oshun, demanda à celle-ci le secret de sa cuisine. Oshun, la tête enveloppée d’un foulard, lui fit croire qu’elle s’était coupé les oreilles pour les mettre dans la soupe de leur mari, et montra deux champignons qui flottaient dans le plat. Oba se trancha une oreille et la fit cuire. Shango, découvrant ce qu’on lui servait, fut saisi de dégoût et de colère. Oshun ôta alors son foulard : ses oreilles étaient intactes. Les deux femmes se querellèrent, Shango laissa éclater sa fureur, et toutes deux s’enfuirent et devinrent des rivières. On dit qu’au confluent de l’Oba et de l’Osun les eaux sont particulièrement agitées, en mémoire de cette dispute.

Un autre récit, connu au Brésil et repris par Reginaldo Prandi, raconte qu’Oba défia et vainquit à la lutte plusieurs orishas. Ogun, averti par un devin, répandit sur le sol une pâte glissante de gombo : Oba tomba, et il s’unit à elle.

Culte et postérité

Au Nigeria, Oba est honorée dans les localités riveraines de sa rivière, en lien avec le culte de Shango. On sait peu de chose de ses rites, que les sources écrites décrivent rarement.

Au Brésil, Obá est présente dans les maisons de tradition ketu, sans avoir la popularité d’Oxum ou d’Iansã. Verger note que, lorsque des fidèles d’Obá et d’Oxum sont en transe dans la même fête, il faut veiller à les tenir séparées, car la querelle des deux orishas se rejoue. Certaines maisons l’associent à sainte Jeanne d’Arc, à cause de son caractère guerrier.

À Cuba, selon Lydia Cabrera, Obba ne descend pas sur les fidèles et son culte reste confié à quelques spécialistes. Les récits cubains la disent retirée dans la solitude après l’épisode de l’oreille, et certains la lient au cimetière. Les fidèles l’associent à sainte Rita de Cascia ou à sainte Catherine, selon les lieux. Elle y est tenue pour le modèle de l’épouse fidèle, ce qui infléchit sensiblement la figure combative des récits yoruba et brésiliens.

Pour aller plus loin

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Sources

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