Ces dieux

Obaluaye

Orisha de la variole, des épidémies et de la guérison

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Origines

Obaluaye est l’orisha de la variole et, plus largement, des maladies contagieuses et des affections de la peau. Son nom propre, Shopona, est tenu pour dangereux à prononcer. Les fidèles emploient des titres de respect : Obaluaye, « roi maître de la terre », ou Omolu, « fils du maître ». En saison chaude, on évite même de parler de la maladie et l’on dit de celui qu’elle atteint que « le roi l’a pris ».

Pierre Verger souligne que son culte est répandu bien au-delà du pays yoruba. Les traditions qu’il a recueillies le disent venu du pays tapa (nupe), au nord, ou le rattachent à l’ouest, où les Fon du Bénin honorent sous le nom de Sakpata une divinité de la terre et de la variole très proche. Les chercheurs ne savent pas dans quel sens les emprunts se sont faits.

Attributs et symboles

L’orisha est lié à la terre brûlante de la saison sèche, au soleil de midi et aux lieux écartés. Robert Farris Thompson le décrit comme une puissance de justice : il frappe l’arrogance et le manquement, et il peut retirer le mal qu’il a envoyé. Celui qui apporte la maladie est aussi celui qui en protège.

Ses emblèmes sont un balai fait de nervures de palme liées et ornées de cauris, avec lequel il répand ou balaie la maladie, et un vêtement de raphia qui couvre le visage et le corps. Les cauris et les grains de maïs éclaté, qui évoquent les pustules, entrent dans ses offrandes et ses parures.

Mythes principaux

Un récit répandu en pays yoruba explique son éloignement. Lors d’une fête des orishas, Shopona, qui boitait, voulut danser et trébucha. Les autres rirent. Furieux, il les frappa de sa maladie, et il fut chassé pour vivre désormais dans la brousse, à l’écart des villes. C’est pourquoi, disent les fidèles, ses sanctuaires se trouvent hors des agglomérations.

Au Brésil, les récits recueillis par Reginaldo Prandi font de lui le fils de Nana Buruku. Né couvert de plaies, il est abandonné au bord de l’eau et recueilli par Iemanjá, qui le soigne. Devenu adulte, il cache ses cicatrices sous le raphia. Dans une version très populaire, Iansã soulève ce vêtement d’un coup de vent pendant une fête, et les plaies se changent en maïs éclaté, révélant un homme d’une grande beauté.

Culte et postérité

Au Nigeria, les prêtres de Shopona soignaient les malades et héritaient des biens de ceux qui mouraient. Anthony Buckley rappelle que l’administration coloniale britannique, les accusant de propager volontairement la variole, interdit le culte au début du XXe siècle. Il s’est poursuivi discrètement, souvent sous le seul nom d’Obaluaye, et la disparition de la variole n’a pas mis fin à la dévotion.

Au Brésil, Omolu et Obaluaiê sont tantôt deux noms du même orisha, tantôt sa forme âgée et sa forme jeune, selon les maisons. Sa grande fête, l’olubajé, est un repas collectif offert au mois d’août ; les fidèles l’associent à saint Lazare et à saint Roch. À Cuba, Babalú Ayé est l’un des orishas les plus populaires. Lydia Cabrera note que beaucoup de ses rites y viennent de la tradition arará, d’origine dahoméenne, et non de la tradition lucumí. Les fidèles l’associent à saint Lazare, et le pèlerinage du 17 décembre au sanctuaire d’El Rincón, près de La Havane, rassemble chaque année une foule considérable. Ces associations avec des saints sont des usages locaux, nés à l’époque coloniale, et non des identités.

Pour aller plus loin

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Sources

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