Ces dieux

Osanyin

Orisha des feuilles et des plantes qui soignent

Parler avec Osanyin

Origines

Osanyin est l’orisha des plantes, sauvages surtout, et du pouvoir qu’elles renferment. Les Yoruba ne séparent pas la médecine des herbes de la parole qui l’accompagne : une feuille n’agit que si l’on prononce la formule qui éveille sa force, l’ashe. Osanyin est le maître de ce savoir. Pierre Verger, qui a consacré une grande partie de ses recherches aux plantes des Yoruba, rattache son culte à Irawo, dans le nord-ouest du pays yoruba, près de la frontière de l’actuel Bénin.

Les récits d’Ifá le présentent souvent comme un proche d’Orunmila, l’orisha de la divination. Les deux savoirs vont ensemble : le devin, le babalawo, identifie le mal, et le guérisseur, l’onishegun, prépare le remède. Les spécialistes d’Osanyin, appelés olosanyin, sont à la fois herboristes et prêtres.

Attributs et symboles

Son emblème est une tige de fer plantée dans le sol, surmontée d’un oiseau qu’entoure un cercle d’oiseaux plus petits, souvent seize. Robert Farris Thompson y voit l’image du pouvoir de l’esprit sur les forces cachées, l’oiseau étant chez les Yoruba le signe des puissances de la nuit. Certains prêtres possèdent aussi une figurine ou une calebasse par laquelle l’orisha « parle » d’une petite voix aiguë pour répondre aux consultants.

Dans les Amériques, les fidèles le décrivent avec un corps incomplet. À Cuba, Lydia Cabrera rapporte qu’Osain n’a qu’un pied, qu’un bras, qu’un œil, une oreille démesurée qui n’entend rien et une autre, minuscule, qui perçoit tout. Verger mentionne en pays yoruba un compagnon d’Osanyin, Aroni, petit être de la forêt qui n’a qu’une jambe.

Mythes principaux

Le récit le plus connu, rapporté par Verger, explique le partage des plantes. Osanyin gardait toutes les feuilles dans une calebasse suspendue à une branche, et les autres orishas dépendaient de lui pour la moindre préparation. Shango s’en plaignit à son épouse Oya, maîtresse du vent. Elle fit souffler une tempête ; la calebasse tomba, se brisa, et les feuilles se dispersèrent. Chaque orisha en ramassa quelques-unes, qui sont restées les siennes. Mais Osanyin garda le secret de leurs vertus et des paroles qui les rendent efficaces. Les orishas ont donc chacun leurs feuilles, et tous ont encore besoin de lui.

Une autre histoire raconte qu’Orunmila le chargea de défricher un champ. Osanyin refusa d’arracher la moindre herbe : celle-ci guérissait la fièvre, celle-là les maux de ventre. Orunmila comprit quel savoir il possédait et le garda auprès de lui.

Culte et postérité

En pays yoruba, Osanyin est honoré par les guérisseurs et dans chaque culte d’orisha, puisque les bains et les préparations de feuilles interviennent dans toutes les initiations. Il n’a pas de grande fête publique comparable à celles de Shango ou d’Oshun.

Dans la diaspora, son rôle est resté central. Au Brésil, le candomblé résume son importance par une formule yoruba conservée telle quelle : kosi ewe, kosi orisha, « pas de feuilles, pas d’orisha ». Les plantes y sont cueillies avec des chants particuliers, et un dignitaire est chargé de cette tâche. La flore du Brésil n’étant pas celle de l’Afrique, les fidèles ont dû chercher des équivalents aux espèces africaines, travail que Verger a documenté plante par plante. À Cuba, Osain réside dans une calebasse ou un récipient préparé par un spécialiste, l’osainista, et la forêt tout entière, el monte, est tenue pour son domaine : on ne cueille rien sans lui demander la permission ni laisser un paiement.

Pour aller plus loin

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Sources

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