Oya
Orisha du vent, de la tempête et du fleuve Niger
Origines
Oya est l’orisha du vent, de la tempête et du fleuve Niger, que les Yoruba appellent Odo Oya, « la rivière d’Oya ». Elle est l’épouse la plus proche de Shango, l’orisha de la foudre, et la tradition dit que le vent violent qui précède l’orage est Oya qui ouvre la route à son mari. Pierre Verger situe l’origine de son culte à Ira, une localité du nord du pays yoruba, et note que son culte, au Nigeria, reste plus discret que ceux de Shango ou d’Oshun.
Son autre nom, Iyansan, est généralement compris comme « la mère de neuf », en référence au récit de ses neuf enfants. Ce nom est resté celui sous lequel elle est le plus connue au Brésil.
Attributs et symboles
Oya est une guerrière. Ses fidèles la représentent avec un sabre ou une machette, et elle danse en tournoyant comme le vent. Ses emblèmes sont les cornes de buffle, posées sur son autel, et, dans les Amériques, le fouet à queue de cheval. Ses couleurs vont du rouge sombre au violet et au brun. Le bélier lui est interdit : ses fidèles n’en mangent pas. Son animal est le buffle, dans lequel elle peut se changer.
Les pratiquants lui reconnaissent un lien étroit avec les morts et les ancêtres. Elle est associée aux egungun, les masques qui font revenir les ancêtres parmi les vivants, et l’on dit qu’elle est la seule des orishas capable de leur faire face. Dans le candomblé et la santería, elle garde les portes du cimetière.
Mythes principaux
Le récit le plus connu, rapporté par Verger, raconte qu’un chasseur aperçut un jour un buffle qui, arrivé au bord d’un champ, ôta sa peau et devint une femme d’une grande beauté. Il cacha la peau, la retrouva au marché et la prit pour épouse, à condition de ne jamais révéler son secret. Elle lui donna neuf enfants. Mais les autres épouses, jalouses, apprirent la vérité par le mari ivre et se moquèrent d’elle en l’appelant « animal ». Oya retrouva sa peau, redevint buffle, tua les moqueuses, puis laissa ses cornes à ses enfants en leur disant de les frapper l’une contre l’autre s’ils avaient besoin d’elle. C’est ainsi qu’on l’invoque encore, avec des cornes de buffle.
Oya est présente dans les récits de la fin de Shango. Samuel Johnson la compte parmi ses épouses, et une tradition dit qu’elle disparut sous terre à Ira comme lui disparut à Koso. Une autre histoire, rapportée par Verger, raconte qu’elle a goûté en cachette au charme qui permet à Shango de cracher le feu, et qu’elle en a acquis le pouvoir, ce qui explique les éclairs qui accompagnent ses tempêtes.
Culte et postérité
Au Nigeria, Oya est honorée surtout dans l’ancien territoire d’Oyo et le long du Niger, par des cultes de famille et de quartier, le plus souvent en lien avec celui de Shango. Ses prêtresses portent le sabre et dansent au rythme des tambours bata.
Dans les Amériques, elle a pris une importance bien plus grande. Au Brésil, Iansã est l’une des orishas les plus populaires du candomblé, vénérée comme une femme libre, sans peur, maîtresse des vents et des éclairs ; les fidèles l’associent à sainte Barbe, le 4 décembre. À Cuba, Oyá est la gardienne des cimetières et de la porte entre les vivants et les morts, et on l’associe à sainte Thérèse ou à Notre-Dame de la Chandeleur selon les lieux. Verger, dans ses Notes sur le culte des orisa et vodun, a été l’un des premiers à comparer ces cultes brésiliens à ceux qu’il observait au Bénin et au Nigeria.