Athéna
Déesse de la sagesse, de la guerre réfléchie et des arts
Origines
Athéna est la fille de Zeus et de Métis, la Prudence, première épouse du roi des dieux. Hésiode raconte que Zeus, averti que Métis enfanterait après une fille un fils capable de le détrôner, avala sa femme enceinte. Athéna naquit ensuite de la tête de son père, tout armée, en poussant un cri de guerre. Selon une tradition que suivent Pindare et les mythographes, c’est Héphaïstos qui fendit le crâne de Zeus d’un coup de hache pour la délivrer.
Cette naissance dit tout de la déesse. Elle n’a pas de mère : elle est la fille de son père, la plus proche de lui, et elle porte en elle Métis, cette intelligence avisée que Zeus a absorbée. Elle reste vierge, la Parthénos, et son nom est inséparable de celui d’Athènes, sans que l’on sache lequel a donné l’autre. Il est déjà attesté sur les tablettes mycéniennes.
Attributs et symboles
On la représente casquée, la lance à la main, portant l’égide, une peau de chèvre bordée de serpents et ornée de la tête de la Gorgone, qui glace d’effroi ses ennemis. Homère l’appelle « aux yeux brillants » ou « aux yeux de chouette », et la chouette est son oiseau, celui qui voit dans la nuit ; Athènes le frappa sur ses monnaies. L’olivier, qu’elle offrit aux Athéniens, est son arbre, et le serpent, qui rappelle Érichthonios, l’enfant né de la terre qu’elle éleva, l’accompagne souvent.
Athéna est déesse de la guerre, mais d’une guerre opposée à celle d’Arès : la tactique, la discipline, la victoire plutôt que le carnage. Elle est aussi la patronne des métiers, du tissage en premier lieu, de la charpenterie et de la construction des navires ; c’est elle qui inspire le cheval de Troie et la nef Argo. Jean-Pierre Vernant a montré que ces domaines ont un centre commun, la mètis, l’intelligence pratique et rusée qui sait saisir l’occasion.
Mythes principaux
Pour obtenir l’Attique, elle rivalisa avec Poséidon. Le dieu fit jaillir une source salée sur l’Acropole ; elle y planta l’olivier, et les dieux, ou les Athéniens selon les versions, la déclarèrent gagnante. La cité prit son nom et l’olivier sacré fut montré sur l’Acropole pendant des siècles.
Dans l’Odyssée, elle est la protectrice constante d’Ulysse, le héros de la ruse, qu’elle guide sous les traits de Mentor, qu’elle déguise en mendiant à son retour et dont elle admire ouvertement la capacité à mentir. Elle assiste aussi Télémaque. Dans l’Iliade, elle combat pour les Grecs : elle retient Achille par les cheveux quand il veut tuer Agamemnon, arme Diomède contre Arès et Aphrodite, et trompe Hector pour livrer sa victoire à Achille.
Elle aide Persée à vaincre Méduse, dont elle fixe ensuite la tête sur son égide, guide Héraclès dans ses travaux et Jason dans sa quête. Elle fut l’une des trois déesses que Pâris départagea en donnant la pomme à Aphrodite, ce qui fit d’elle l’ennemie de Troie. Le récit d’Arachné, la tisserande changée en araignée pour avoir osé la défier, est connu par Ovide.
Culte et postérité
Athènes fut sa ville par excellence. Sur l’Acropole, le Parthénon, bâti entre 447 et 432 avant notre ère, abritait sa statue d’or et d’ivoire par Phidias, et l’Érechthéion conservait son olivier et sa vieille statue de bois. Les Panathénées, chaque été, réunissaient la cité en procession pour lui offrir un péplos brodé. Mais elle était honorée partout : Athéna Chalkioikos, « à la maison de bronze », veillait sur Sparte, Athéna Aléa sur Tégée, et son temple de Lindos couronnait l’acropole de Rhodes.
Rome l’a identifiée à Minerve, déesse des artisans. Athéna reste dans la culture occidentale l’image de la raison en armes, celle qui protège la cité, les savoirs et les métiers, et sa chouette figure encore sur les pièces d’un euro grecques.
Figures apparentées dans d’autres panthéons
- Minerve — Déesse de l’intelligence, des métiers et des arts (Mythologie romaine)