Ces dieux

Oshun

Orisha de la rivière Osun, de l’amour et de la fécondité

Origines

Oshun est l’orisha de la rivière Osun, qui coule dans le sud-ouest du Nigeria et donne son nom à l’État d’Osun. Elle est d’abord une divinité de l’eau douce, liée à une rivière précise et à la ville d’Osogbo, bâtie sur ses rives. Le récit de fondation de la ville raconte que ses premiers habitants, conduits par le chef Larooye et le chasseur Olutimehin, s’installèrent près de la rivière et conclurent un pacte avec la déesse : elle les protégerait, et ils l’honoreraient chaque année.

Dans les récits d’Ifa, Oshun occupe une place singulière. Un verset souvent cité, repris dans le recueil dirigé par Joseph Murphy et Mei-Mei Sanford, raconte qu’Olodumare envoya dix-sept orishas organiser le monde. Seize étaient des hommes ; la dix-septième était Oshun. Les hommes l’écartèrent de leurs délibérations, et rien de ce qu’ils entreprenaient ne réussissait, jusqu’à ce qu’Olodumare leur ordonne de l’inclure. Les pratiquants y lisent une affirmation de la puissance des femmes et de la nécessité de leur faire place.

Attributs et symboles

Le métal d’Oshun est le cuivre et le laiton, dont ses fidèles portent des bracelets ; ses couleurs sont le jaune et l’or. Elle tient un éventail et un miroir, et l’on décrit sa coquetterie autant que sa générosité. On lui offre du miel, dont elle est gourmande, des poules, et des plats sucrés. Les eaux de sa rivière passent pour guérir et pour donner des enfants : les femmes qui n’en ont pas viennent y boire et y puiser.

Les pratiquants la disent douce et séduisante, mais redoutable quand on l’offense. Elle est aussi associée à la richesse et au commerce, et, à Osogbo, au pouvoir politique, puisque le roi de la ville, l’Ataoja, est son prêtre principal.

Mythes principaux

Oshun apparaît dans les récits comme l’épouse de Shango, aux côtés d’Oya et d’Oba, et comme la plus aimée des trois. Une histoire répandue raconte qu’elle a poussé Oba, par ruse, à se couper l’oreille pour la servir à Shango dans un plat, ce qui valut à Oba d’être rejetée ; les deux rivières se rencontrent depuis dans un tumulte.

Selon une autre tradition, rapportée par William Bascom, c’est Orunmila, le maître d’Ifa, qui lui a enseigné la divination par les seize cauris, une méthode plus simple que celle des devins d’Ifa et pratiquée par les prêtresses et les prêtres des orishas. Cette divination, appelée merindinlogun, est devenue centrale dans la santería cubaine et le candomblé brésilien.

Culte et postérité

Chaque année, en août, la fête d’Oshun à Osogbo rassemble des dizaines de milliers de personnes venues du Nigeria et de la diaspora. Une jeune fille vierge, l’Arugba, porte sur sa tête la calebasse des offrandes de la ville jusqu’à la rivière, dans le bois sacré. Ce bois, préservé depuis les années 1950 grâce à l’artiste autrichienne Susanne Wenger et à des artistes locaux qui l’ont peuplé de sculptures, a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 2005.

Dans les Amériques, Oshun est l’une des orishas les plus aimées. À Cuba, Ochún est associée par les fidèles à la Vierge de la Charité du Cobre, patronne de l’île, ce qui a fait d’elle une figure de l’identité nationale bien au-delà de la santería. Au Brésil, Oxum est la déesse des eaux douces, de la beauté et de la maternité. Le vodou haïtien connaît Erzulie Freda, déesse de l’amour et du luxe, dont la parenté avec Oshun tient à leur domaine commun plutôt qu’à une filiation directe.

Figures apparentées dans d’autres panthéons

  • Erzulie Freda — Lwa de l’amour, de la beauté et du luxe (Vodou haïtien)

Pour aller plus loin

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Sources

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