Zeus
Roi des dieux, maître du ciel et de la foudre
Origines
Zeus est le plus jeune des enfants de Cronos et de Rhéa, et pourtant le premier des dieux. Hésiode raconte dans la Théogonie que Cronos, averti qu’un de ses fils le détrônerait, avalait chacun de ses enfants à la naissance. Rhéa, enceinte de Zeus, se réfugia en Crète, y accoucha en secret et remit à Cronos une pierre enveloppée de langes, qu’il engloutit sans méfiance. Devenu adulte, Zeus contraignit son père à rendre ses frères et sœurs : Hestia, Déméter, Héra, Hadès et Poséidon.
Suivit une guerre de dix ans contre Cronos et les Titans. Zeus libéra les Cyclopes, qui lui forgèrent la foudre, et les Hécatonchires, géants aux cent bras, qui combattirent à ses côtés. Les Titans vaincus furent enfermés dans le Tartare. Zeus dut encore abattre le monstre Typhon, dernier fils de Gaïa, avant de régner sans partage. Selon l’Iliade, les trois frères tirèrent alors le monde au sort : Zeus reçut le ciel, Poséidon la mer, Hadès le monde souterrain ; la terre et l’Olympe restèrent communs.
Son nom remonte à une racine indo-européenne qui désigne le ciel lumineux, ce qui fait de lui l’un des dieux grecs les plus anciens.
Attributs et symboles
La foudre est son arme et son signe : il la lance pour punir, pour trancher un combat ou pour marquer un présage. L’aigle, oiseau qui vole le plus haut, est son messager. Le chêne lui est consacré, en particulier à Dodone, où l’on interprétait le bruissement de ses feuilles. On le représente en homme mûr, barbu, assis sur un trône, sceptre en main, parfois portant l’égide, une peau de chèvre qui sème la terreur.
Zeus n’est pas seulement le plus fort. Il garantit les serments, protège les étrangers et les suppliants, veille sur l’hospitalité, et l’Iliade le montre pesant sur sa balance d’or le destin des guerriers. Jean-Pierre Vernant voit dans sa victoire l’établissement d’un ordre où chaque puissance reçoit sa part et où la ruse comme la force sont mises au service de la stabilité du monde.
Mythes principaux
Zeus est le père d’une grande partie du panthéon. Il avala sa première épouse, Métis, la Prudence, enceinte d’Athéna, qui naquit ensuite de sa tête. De Thémis il eut les Heures et les Moires ; de Léto, Apollon et Artémis ; de Maïa, Hermès ; de Déméter, Perséphone. Avec Héra, sa sœur devenue son épouse, il engendra Arès, Hébé et Ilithyie.
Ses amours avec des mortelles ont donné les héros : Persée, né de Danaé qu’il visita sous forme de pluie d’or ; Héraclès, né d’Alcmène ; Minos, né d’Europe, qu’il enleva changé en taureau ; Hélène, née de Léda. Ces unions, presque toutes suivies de la jalousie d’Héra, occupent une large part de la mythologie grecque.
Hésiode rapporte aussi son conflit avec Prométhée. Le Titan trompa Zeus au partage du sacrifice, puis lui vola le feu pour le donner aux hommes. Zeus fit enchaîner Prométhée sur une montagne, où un aigle lui dévorait le foie, et envoya aux hommes Pandore, la première femme, porteuse d’une jarre d’où sortirent tous les maux.
Culte et postérité
Zeus était honoré partout en Grèce, mais deux sanctuaires dominaient. À Olympie, les jeux célébrés tous les quatre ans en son honneur réunissaient tous les Grecs ; son temple abritait la statue d’or et d’ivoire de Phidias, comptée parmi les merveilles du monde. À Dodone, en Épire, se trouvait son plus ancien oracle. On le priait aussi dans chaque maison comme protecteur du foyer et de la réserve, et sur les acropoles comme gardien de la cité.
Rome l’a identifié à Jupiter, le dieu du Capitole. C’est sous ce nom que la Renaissance et l’art classique l’ont surtout représenté. Le nom de Zeus est resté celui du pouvoir souverain, de la foudre et du père, et il désigne aujourd’hui encore, dans les langues européennes, l’autorité qui tranche et qui ordonne.
Figures apparentées dans d’autres panthéons
- Jupiter — Dieu souverain du ciel, de la foudre et du serment (Mythologie romaine)