Ces dieux

Mars

Dieu de la guerre, père de Romulus, gardien de Rome

Origines

Mars, que les Latins archaïques appelaient aussi Mavors ou Marspiter, « Mars-Père », est avec Jupiter et Quirinus l’un des trois dieux de la plus ancienne triade romaine, servi par le flamine martial. Les Osques le nommaient Mamers. Les peuples italiques qui, lors d’un « printemps sacré », envoyaient leurs jeunes gens fonder une colonie sous la conduite d’un animal de Mars, loup ou pivert, témoignent de l’ancienneté et de l’étendue de son culte.

Rome en a fait son père. Tite-Live et Ovide racontent que la Vestale Rhéa Silvia, fille du roi d’Albe, enfanta de Mars les jumeaux Romulus et Rémus ; une louve les allaita et un pivert, dit Ovide, leur apporta à manger. Les Romains se disaient fils de Mars, et le dieu se trouvait au premier rang de la Ville par la naissance de son fondateur.

Attributs et symboles

La lance est son emblème le plus ancien : dans la Regia, le vieux palais des rois, on conservait les « lances de Mars », dont le frémissement était un présage. Auprès d’elles reposaient les douze boucliers sacrés, les ancilia. L’un était tombé du ciel sous le règne de Numa ; pour qu’on ne pût le voler, le forgeron Mamurius Veturius en fit onze copies identiques.

Le loup et le pivert lui sont consacrés. Ses épithètes disent ses visages : Gradivus, « qui marche au combat », dont le temple se dressait sur la voie Appienne ; Ultor, « le Vengeur ». Le mois de mars, qui ouvrait l’année ancienne, lui appartient, tout comme le Champ de Mars, plaine hors de l’enceinte sacrée où l’armée se rassemblait et où se tenait son autel.

Mythes principaux

Les Romains n’ont pas raconté de Mars les fureurs ni les défaites d’Arès. Les Fastes d’Ovide, au livre de mars, lui donnent la parole pour raconter lui-même la naissance de ses jumeaux et l’enlèvement des Sabines, une guerre qui se termine par un mariage. Ovide ajoute un conte plaisant : Mars, épris de Minerve, demande à la vieille Anna Perenna de plaider sa cause ; elle se présente voilée à la place de la déesse, et le dieu se retrouve marié à une vieille femme ; les plaisanteries grivoises des Ides de mars s’expliqueraient ainsi.

La nature de Mars a longtemps divisé les historiens. Dans le traité de Caton l’Ancien sur l’agriculture, le paysan qui purifie ses champs invoque « Mars père » en lui offrant un porc, un mouton et un taureau, et lui demande d’écarter les maladies, la stérilité et les intempéries. On en a conclu que Mars avait été d’abord un dieu agraire. Georges Dumézil a répondu qu’il n’y est pas invoqué comme faiseur de récoltes, mais comme guerrier chargé de garder les limites du domaine contre les ennemis visibles et invisibles : la lustration est une ronde armée autour du champ.

Culte et postérité

Le mois de mars était le sien. Les Saliens, douze prêtres patriciens coiffés du bonnet à pointe, portaient les ancilia par la Ville en dansant à trois temps et en chantant un hymne si ancien que, selon Quintilien, les prêtres eux-mêmes n’en comprenaient plus les mots. Les Equirria, courses de chevaux au Champ de Mars, le 27 février et le 14 mars, puis le Tubilustrium du 23 mars, purification des trompettes, ouvraient la saison des campagnes. En octobre, à sa clôture, on sacrifiait au Champ de Mars le « cheval d’octobre » : le cheval de droite de l’attelage vainqueur d’une course était tué, sa tête disputée entre deux quartiers, sa queue portée en courant à la Regia pour que son sang goutte sur le foyer. L’Armilustrium du 19 octobre purifiait les armes avant l’hiver.

Auguste a donné à Mars son plus grand temple : voué à Philippes en 42 avant notre ère, pour venger César, le temple de Mars Ultor fut dédié en 2 avant notre ère au centre du forum d’Auguste ; le Sénat y délibérait de la guerre et l’on y déposa les enseignes reprises aux Parthes. La planète rouge, le mois de mars et le mardi, dies Martis, portent son nom. Arès chez les Grecs et Tyr chez les Germains, qui ont donné son nom à ce jour, sont ses parents de fonction, non ses doubles.

Figures apparentées dans d’autres panthéons

  • Arès — Dieu de la guerre et de la fureur du combat (Mythologie grecque)
  • Tyr — Dieu du droit et du serment, mutilé par le loup Fenrir (Mythologie nordique)

Pour aller plus loin

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Sources

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